Politique

Libye : dix choses à savoir sur Fayez al-Sarraj

Le chef du gouvernement libyen d'union nationale, Fayez al-Sarraj, lors d'une conférence de presse, à Sikhrat, au Maroc, le 17 décembre 2015. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Il a beau cumuler les postes de Premier ministre et de chef du Conseil présidentiel, Fayez al-Sarraj peine à asseoir son autorité sur la Libye. Et à s’imposer face à l’ambitieux maréchal Haftar.

1. Monarchie

Il est né le 20 février 1960 à Tripoli. Son père, Mustafa al-Sarraj, fut plusieurs fois ministre (de l’Éducation, de l’Agriculture, de l’Économie) sous la monarchie (entre 1959 et 1969), et un compagnon de route de Bashir Saadawi, une figure de l’indépendance libyenne.

2. Architecte

Fayez al-Sarraj s’est engagé en politique à 50 ans passés. Architecte de formation, il a longtemps fait carrière au sein de la Sécurité sociale et du ministère des Travaux publics. Il est marié à une architecte, avec qui il a eu trois filles.

3. Affable

Ses proches le décrivent comme affable, tempéré, réfléchi et toujours à l’écoute. Des qualités qui lui ont permis de se maintenir au poste très exposé de chef du gouvernement.

4. Légitimité

S’il bénéficie du soutien de la communauté internationale, il n’a pas vraiment d’appuis en Libye. Il a été nommé Premier ministre à l’issue de très laborieuses négociations entre les deux Parlements du pays, à la suite des accords de Skhirat, en décembre 2015. Mais, depuis, les autorités de l’Est, le maréchal Khalifa Haftar en tête, ne cessent de contester sa légitimité.

Etienne Laurent/AP/SIPA

5. Irréconciliables

Haftar et lui incarnent les deux faces irréconciliables de la politique libyenne. La cause de leur hostilité réciproque ? Le maréchal voudrait se voir reconnu commandant en chef de l’armée, un titre que Sarraj lui refuse, sous la pression des milices de l’Ouest.


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6. Trompe-la-mort

Quelques semaines après sa nomination au poste de Premier ministre, son convoi, qui avait quitté Zliten et s’acheminait vers l’aéroport de Misrata, fut visé par des tirs. Forcé de rebrousser chemin et de s’abriter quelques heures chez un notable de la ville, le miraculé dut être évacué en hélicoptère.

7. Frégate

Avant sa prise de fonctions, il résidait à Tunis. C’est à bord d’une frégate italienne partie de Sfax et protégée par des navires italiens qu’il a accosté à Abou Sitta, la base navale de Tripoli, le 30 mars 2016.

8. Milices

Dépendant de la protection des milices qui contrôlent Tripoli, dont la force Rada, composée de salafistes madkhalis [du nom de Rabi al-Madkhali, un cheikh saoudien], il s’échine à reprendre possession des bâtiments publics, qu’occupent diverses factions armées. Après la signature d’un accord de cessez-le-feu, en septembre, le processus paraît enfin bien engagé.

9. Siège éjectable

Bien que Haftar ne se soit pas opposé à son maintien jusqu’aux élections (prévues pour 2019), la Chambre des représentants de Tobrouk ne cache pas son désir de le voir remplacé. À la fin de novembre, le Parlement de l’Est a adopté un amendement constitutionnel qui réforme le Conseil présidentiel. Il prévoit le non-cumul des mandats de président du Conseil et de Premier ministre. Deux postes que Sarraj occupe aujourd’hui…

10. Remboursez !

En Afrique, il a engagé des procédures judiciaires afin de récupérer 67 milliards de dollars que Mouammar Kadhafi avait prêtés à plusieurs pays, dont l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, le Niger, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie.

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