Politique

Érythrée : dix choses à savoir sur le président Issayas Afeworki

Le président de l'Érythrée, Issayas Afeworki. © MICHAEL TEWELDE/AFP

Ce 14 novembre, l’ONU a levé les sanctions qui frappaient l’Érythrée depuis 2009. Cela suffira-t-il pour que son président, jusque-là paria de la Corne de l’Afrique, devienne un acteur clé de la région ?

1. Ingénieur

En 1965, Issayas Afeworki commence des études d’ingénieur à l’université Haïlé-Sélassié d’Addis-Abeba. L’Érythrée ayant été annexée trois ans plus tôt par son voisin éthiopien, il décide rapidement de rejoindre les maquisards du Front de libération de l’Érythrée (FLE).

2. Maoïste

En 1967, le FLE l’envoie en Chine pour qu’il puisse y parfaire son apprentissage révolutionnaire. Il en revient séduit par l’idéologie maoïste et déterminé à poursuivre la lutte contre l’occupant éthiopien. Élevé au rang de commissaire politique, il fonde le Front populaire de libération de l’Érythrée (FPLE), avec lequel il libérera Asmara en 1991.


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3. Cinglant

Au sommet de l’OUA, au Caire, en 1993, il arrive auréolé de son image de héros de l’indépendance. Alors que l’Érythrée est devenue le 52e membre de l’organisation panafricaine, il crée la surprise en critiquant « les trente années d’échec » de l’OUA ainsi que les mauvaises pratiques « économiques et démocratiques » de ses pairs.

4. « Renaissance »

À la fin des années 1990, Bill Clinton salue le pragmatisme d’Afeworki et de Meles Zenawi, le Premier ministre éthiopien, qu’il qualifie de « dirigeants de la renaissance africaine ». Mais quelques mois plus tard, en mai 1998, une guerre éclate entre l’Érythrée et l’Éthiopie…

5. Narcissique

En 2008, le site WikiLeaks publie une note de Ronald K. McMullen, alors ambassadeur des États-Unis en Érythrée, dans laquelle le diplomate dresse le portrait d’un dictateur « austère », « narcissique » et « rancunier ». À la fin de 2015, 411 000 Érythréens avaient fui son régime répressif et ultramilitarisé.


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6. Meilleur ennemi

Frère d’armes dans les années 1980, Afeworki et Zenawi deviennent ennemis jurés en 1996. Cette année-là, Afeworki rentre du Kenya avec sa famille et s’arrête à Addis, où Zenawi met à sa disposition l’un de ses avions pour rentrer à Asmara. Un moteur prend feu, mais le pilote réussit un atterrissage en urgence. Afeworki reste convaincu que Zenawi a voulu le tuer.

7. Parano

On le dit très réticent à l’idée de s’exprimer au téléphone. Afin de déjouer d’éventuelles tentatives d’assassinat, il dort souvent dans des lieux différents ou échange son assiette avec celle d’un de ses collaborateurs.

8. Sandales

Adepte des apparitions surprises, il cultive l’image d’un président simple et proche du peuple, chaussé de sandales et vêtu d’une chemise à col ouvert, à la manière des guérilleros du FPLE.

9. Lettre ouverte

Lorsque, en 2001, une quinzaine de réformistes du FPLE réclament dans une lettre ouverte plus de démocratie, il répond par la force et les fait emprisonner, ainsi que les patrons de presse qui ont publié ce texte. Le Parlement ne s’est plus réuni depuis.

10. Convoitises

Dans le golfe d’Aden, l’Érythrée est au centre de toutes les convoitises. Afeworki, aujourd’hui âgé de 72 ans, est un allié de choix pour le roi Salman d’Arabie saoudite dans sa guerre au Yémen, et pour les Émirats, qui exploitent le stratégique port d’Assab. Quant aux États-Unis, ils ont voté en faveur de la levée des sanctions onusiennes parce qu’ils pensent que le leader érythréen peut faire rempart à l’extrémisme islamiste.

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