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Cet article est issu du dossier «Côte d’Ivoire : Guillaume Soro, l'ambigu»

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Politique

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Guillaume Soro veut y croire

À Abidjan, le 21  novembre dernier. © Issam Zelji/TRUTHBIRD MEDIAS pour JA

À couteaux tirés avec le parti au pouvoir, le président de l’Assemblée joue la montre. En fin stratège, il soigne parallèlement ses relations avec le PDCI et réactive discrètement ses réseaux. Objectif : la présidentielle de 2020.

«Plus que 707 jours ! » lâche Alain Lobognon. Le lieutenant de Guillaume Soro n’a pas eu besoin de compter sur ses doigts ou de sortir son smartphone. Il n’a pas eu une once d’hésitation… Il le sait par cœur : ce 18 novembre, 707 jours le séparent de la présidentielle ivoirienne. Plus qu’un objectif, cette élection est une obsession. Autour du président de l’Assemblée nationale, on l’évoque sans pudeur. « On y pense tous les matins en se rasant, c’est peut-être pour ça qu’on se rase mal ! » dit l’un. « 25-10-2020, ce sont mes chiffres porte-bonheur au loto », rit l’autre. Leur ambition est à l’image du silence de leur mentor : retentissante.

Dans les esprits comme sur les pagnes, Guillaume Soro est partout ce dimanche-là. Pour son conclave annuel, le Rassemblement pour la Côte d’Ivoire (Raci), l’un des principaux mouvements de soutien à l’ancien rebelle, a sorti le grand jeu. Location du palais des congrès du très chic hôtel Ivoire, multiples caméras à l’intérieur, drone à l’extérieur, retransmission en direct… « Le pouvoir vous appelle, président ! » lance Mamadou Kanigui Soro, le leader du Raci, avant de l’exhorter à se porter candidat à la magistrature suprême. L’écho de ses mots se noie dans les hourras de centaines de partisans réunis pour l’occasion. Mais à cet instant, il n’y a aucun espoir de réponse à cet appel. Car si nombre de ses amis sont là, Guillaume Soro, lui, ne se montrera pas.

Invisible ou presque

Adepte de la dissimulation, il a rarement été aussi discret. Muet, invisible ou presque. Sa parole est comptée et ses sorties minutées. Après avoir passé le mois de septembre à des milliers de kilomètres d’Abidjan, entre Paris, Londres, Genève et Bruxelles, le président de l’Assemblée est resté loin de la poussière et de l’animosité de la campagne des élections locales. Un des vice-présidents du parti présidentiel, le Rassemblement des républicains (RDR), s’esclaffe : « Discret, Guillaume ? Faut le dire vite ! Son ombre plane un peu partout ! »

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