Communication & Médias

Irawo Talents : Mylène Flicka porte la voix des jeunes étoiles africaines

L'entrepreneuse Myriam Flicka entend "mettre fin au fatalisme avec lequel on nous force à grandir". © Facebook/Mylène Flicka

Depuis 2016, le site Irawo Talents, créé par la Béninoise Mylène Flicka, propose des portraits d’Africains au parcours inspirant.

Un million de visiteurs en deux ans, une page Facebook « likée » par plus de 20 000 personnes, 4 300 abonnés sur Twitter, près de 2 000 sur Instagram : c’est l’aura numérique du média en ligne Irawo Talents, fondé en janvier 2016 par Mylène Flicka, une Béninoise de 22 ans. Sur ce site interactif, le visiteur retrouve, une fois par mois, l’interview ou le portrait d’un jeune Africain, artiste, designer, humoriste ou sportif. Il est invité à partager ses expériences avec les internautes et peut leur prodiguer des conseils.

« J’ai créé Irawo Talents pour lutter contre les préjugés dont pâtit la jeunesse béninoise, explique Flicka. Elle est jugée immature et irresponsable, toute expression créatrice formulée par elle est considérée comme une anomalie. Cela crée un attentisme générationnel, les jeunes finissant par croire qu’il faut atteindre un certain âge pour poursuivre ses rêves. » De fait, les irawo (« étoile », en langue nagô) n’ont pas plus de 30 ans. La plus jeune, Rawdath Demba Diallo, médaillée d’or au championnat d’Afrique de roller, a 12 ans !

Je voulais  faire parler les jeunes pour que ceux qui leur ressemblent comprennent que la réussite est à leur portée et pour mettre fin au fatalisme avec lequel on nous force à grandir

C’est en 2015, à l’issue de son stage au sein du ministère des Affaires étrangères du Bénin, alors qu’elle achève sa licence en diplomatie et relations internationales à l’École nationale d’administration et de magistrature d’Abomey-­Calavi, que Mylène Flicka, de son vrai nom Marie-Madeleine Fifamè Akrota, se met à la recherche de talents dont on ne parle pas dans les médias. Un canal évident pour cette digital native férue d’écriture, de philosophie et de réseaux sociaux.

Premier parcours : celui de Marie-Cécile Zinsou, à la tête de sa fondation d’art contemporain. « Cette interview m’a tellement marquée que je me suis dit qu’il fallait que je parte à la recherche d’autres jeunes comme Marie-Cécile. Je voulais les faire parler pour que ceux qui leur ressemblent comprennent que la réussite est à leur portée et pour mettre fin au fatalisme avec lequel on nous force à grandir. » Aujourd’hui, les irawo viennent de toute l’Afrique et même de sa diaspora.


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Bouée de sauvetage

C’est avec ses deux bourses d’excellence – d’un montant de 600 000 F CFA (915 euros) et obtenues après son bac littéraire décroché à l’âge de 15 ans – que Mylène Flicka loue, au lancement du site, le matériel nécessaire pour les premières photos, vidéos et connexions. Deux ans plus tard, elle ne souhaite pas divulguer le budget dont elle dispose. Son équipe compte une dizaine de créateurs de contenus, deux community managers, un traducteur, un vidéaste et un directeur artistique. Tous africains et bénévoles, les contributeurs sont répartis sur plusieurs continents.

« Le site ne génère pas assez de bénéfices pour que l’on puisse se rémunérer. Mais c’est un objectif », soutient la rédactrice en chef, qui a repris des études au sein de l’école de commerce ESG Paris. Persuadée qu’« internet est la bouée de sauvetage des jeunes Africains », elle indique aussi être consultante en communication numérique pour des marques et des personnalités dont elle tait les noms, invoquant une clause de confidentialité.

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