Politique

Guinée-équatoriale : la justice française déboute Obiang Nguema face à l’opposant Abeso Ndong

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 22 novembre 2018 à 15h54
Teodoro Obiang Nguema, en juin 2011 lors d’une visite en Russie (archives).

Teodoro Obiang Nguema, en juin 2011 lors d'une visite en Russie (archives). © Mikhail Metzel/AP/SIPA

Le président équato-guinéen a perdu son procès en diffamation contre l’opposant Salomon Abeso Ndong qui l’a accusé d’avoir remis de l’argent à Michel Djotodia et Noureddine Adam dans le but de déstabiliser la Centrafrique.

Dans un jugement rendu public le 3 octobre (voir ci-dessous), le tribunal de grande instance de Paris a condamné Teodoro Obiang Nguema Mbasogo à verser 5 000 euros à Salomon Abeso Ndong.

Défendu par Emmanuel Marsigny, le président équato-guinéen avait attaqué l’opposant en diffamation après que celui-ci l’eut accusé – dans un texte intitulé « Obiang finance un coup d’État en Centrafrique déjoué par l’ONU et l’UA » publié sur un blog hébergé par le site Mediapart le 12 avril dernier -, d’avoir donné 2 millions de dollars à Michel Djotodia, l’éphémère président de la Centrafrique, et 1 million de dollars au chef rebelle Noureddine Adam (ex-Séléka), dans le but de déstabiliser Bangui.


>>> À LIRE – Guinée équatoriale : deux opposants livrés à Malabo par les autorités togolaises


Le président équato-guinéen s’estimait « atteint dans son honneur » par un texte l’accusant notamment d’avoir « commis un crime de guerre par le financement de mercenaires pour réaliser un coup d’État en Centrafrique » et d’avoir « commandité la perpétration de crimes à l’encontre de ses opposants politiques ».

« Bonne foi »

Lors de l’audience sur ce dossier devant la 17ème chambre du TGI de Paris, le 20 juin, l’accusation demandait 500 000 euros de dommages et intérêts. Mais le procureur a estimé que l’auteur, que représentait Me Jean-Pierre Spitzer, devait « bénéficier de l’excuse de bonne foi ».

Le tribunal, présidé par le juge Thomas Rondeau, l’a suivi, considérant que « les propos poursuivis sont diffamatoires », mais jugeant que « Salomon Abeso Ndong doit bénéficier de l’excuse de bonne foi ». Le président équato-guinéen a donc été débouté de ses demandes et condamné à verser 5 000 euros à l’opposant destiné à couvrir ses frais de justice.

Jugement du TGI (17eme Chambre) dans l’affaire Obiang contre Salomon Abeso by jeuneafrique on Scribd

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