Politique

Gabon : enquête sur le fonctionnement de l’État en l’absence d’Ali Bongo

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a été hospitalisé le 25 octobre à Riyad, en Arabie saoudite. © Christophe Morin/Bloomberg via Getty Images

En l’absence d’Ali Bongo Ondimba, toujours hospitalisé pour un AVC à Riyad, de nombreuses questions se posent à Libreville : comment le gouvernement travaille-t-il ? Qui dirige vraiment le pays ? Quelles sont les réactions dans la classe politique ? Enquête.

Portes closes et silence radio. À l’hôpital King-Faisal de Riyad, en Arabie saoudite, Sylvia Bongo Ondimba veille au grain. La première dame, et elle seule, distille les informations concernant l’état de santé d’Ali Bongo Ondimba (ABO) à quelques privilégiés, proches amis ou collaborateurs. Autour d’elle, ses fils Noureddin et Jalil l’épaulent, tandis que Malika, l’aînée du président gabonais, et Patience Dabany, la mère de ce dernier, sont arrivées plus tardivement. Le lieutenant-colonel Jean-Luc Amvame et le colonel Arsène Emvahou, aides de camp du chef de l’État, ainsi que Park Sang-chul, chef de sa sécurité personnelle, protègent le couple. Tous le savent : tant que son mari est diminué, la patronne, c’est elle.


>>> À LIRE – Gabon : qui est à la manœuvre depuis l’hospitalisation d’Ali Bongo Ondimba ?


Le cabinet de la présidence est suspendu à ses confidences, tandis que les dirigeants du continent demeurent, à de rares exceptions, mal informés et dans un flou généralement pessimiste. Le porte-parole du Palais du bord de mer ne s’est exprimé officiellement qu’à deux reprises : le 28 octobre, quatre jours après l’admission du président à l’hôpital, pour évoquer une « fatigue légère », ce qui n’avait pas convaincu grand monde, et le 10 novembre, pour indiquer que le président, qui « continu[ait] d’exercer ses fonctions », était « dans une phase de recouvrement de la plénitude de ses moyens physiques », après une « prise en charge médico-chirurgicale en secteur hautement spécialisé ».


>>> À LIRE – Guy-Bertrand Mapangou : « Le président Ali Bongo Ondimba se porte de mieux en mieux »


Interrogations

Entre les deux communications, certaines informations ont fuité. Victime d’un accident vasculaire cérébral aggravé par de l’hypertension, le président a été placé en coma artificiel et sous assistance respiratoire afin de diminuer le risque de séquelles – une procédure classique. Il n’aurait été réveillé que le 9 novembre, date à laquelle l’appareillage respiratoire lui a été retiré.

Dès lors, plusieurs questions se posent. Si Ali Bongo Ondimba « continue d’exercer ses fonctions », avec qui le fait-il ? Dans combien de temps retrouvera-t-il l’ensemble de ses moyens physiques et intellectuels ? Un intérim sera-t-il nécessaire au-delà de « l’indisponibilité temporaire » constatée par la Cour constitutionnelle le 14 novembre ?

À plus de 5 000 kilomètres, les Gabonais, qu’ils soient simples citoyens, membres du gouvernement ou de l’opposition, attendent

Depuis Riyad, la première dame a imposé le silence, au nom d’une intimité à laquelle Ali Bongo Ondimba a droit. Mais toutes les interrogations ne pourront demeurer sans réponses. À plus de 5 000 kilomètres d’un président dont aucune image n’a été diffusée depuis le 23 octobre, les Gabonais, qu’ils soient simples citoyens, membres du gouvernement ou de l’opposition, attendent. La plupart ne demandent qu’à croire. Mais comme Saint-Thomas, chacun finira par demander à voir.

Vous êtes à présent connecté(e) à votre compte Jeune Afrique, mais vous n'êtes pas abonné(e) à Jeune Afrique Digital

Cet article est réservé aux abonnés


Abonnez-vous à partir de 7,99€pour accéder à tous les articles en illimité

Déjà abonné ?

Besoin d'aide

Vos avantages abonné

  1. 1. Accèdez en illimité à l'ensemble des articles sur le site et l'application Jeuneafrique.com (iOs & Android)
  2. 2. Bénéficiez en avant première, 24 heures avant leur parution, de chaque numéro et hors séries Jeune Afrique sur l'application Jeune Afrique Le Magazine (iOS & Android)
  3. 3. Recevez la newsletter économie quotidienne réservée aux abonnés
  4. 4. Profitez de 2 ans d'archives de Jeune Afrique en édition numérique
  5. 5. Abonnement sans engagement de durée avec l'offre mensuelle tacitement renouvelable*

*Service uniquement disponible pour les abonnements à durée libre.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte