Écoles de commerce

Universités africaines : Toufic Tasso, de Beyrouth à Lomé

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L’entrepreneur libanais développe un réseau d’universités africaines en souhaitant donner à la formation un cadre professionnalisant.

«Tout ce qui existe dans l’univers est le fruit du hasard et de la nécessité. » Empruntant sa réponse au philosophe grec Démocrite, le Libanais Toufic Tasso n’aurait pu trouver mieux pour justifier son choix de développer les Leaders University College for Applied Science (Lucas), le réseau d’enseignement supérieur professionnel qu’il a fondé en 2016. Après le Ghana en 2017 et le Togo en septembre 2018, ce sera au tour du Niger, avant la fin de cette année.

De fait, son implantation sur le continent est en partie due au hasard. En 2016, l’héritier des écoles que son père a développées pendant cinquante ans à Beyrouth sous la franchise française Pigier recroise le chemin d’Albert Letayf, rencontré sur les bancs d’HEC Paris. C’est à Beyrouth qu’ils se retrouvent, où Letayf est investisseur et PDG de Primecorp Invest. Il lui souffle l’idée d’investir à Accra.

« Nous avons réalisé une étude des besoins pendant trois ou quatre ans. Le Ghana est un pays stable politiquement et économiquement. Et nous avons été encouragés par les autorités », confie Toufic Tasso.

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Un enseignement à l’anglo-saxonne

Pour installer ce premier campus Lucas, ouvert en 2017, il loue d’abord un immeuble et finance son aménagement. « L’investissement immobilier n’est pas notre priorité. Mais les bâtiments que nous louons ne sont souvent pas adaptés. Nous avons donc acquis un terrain pour loger 400 étudiants », relève l’entrepreneur. Coût de l’opération : 4 millions de dollars.

L’enseignement à l’anglo-saxonne dispensé à Accra fait rapidement parler de lui à Lomé. Face aux besoins, le réseau ouvre une antenne à Aflao, en bordure de la frontière togolaise. Mais le campus Lucas Ghana, victime de son succès, ne peut accueillir tous les candidats. Un an plus tard, il loue une bâtisse au cœur de la capitale togolaise. Les premières promotions de cette deuxième implantation ont débuté en septembre. « La demande est venue des jeunes Togolais », affirme l’entrepreneur. En tout, 350 élèves sont répartis entre les deux campus.


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Des cursus suivis par étudiants et professionnels

Avec ses écoles qui proposent des cursus que peuvent suivre aussi bien les étudiants que les professionnels, l’entrepreneur ambitionne de « monter un réseau d’universités africaines avec une vision professionnalisante de la formation ». Trois parcours sont proposés – commerce et management, IT et informatique, et tourisme et hôtellerie – ponctués de stages et de projets appliqués. Au Ghana, la licence coûte 4 200 dollars et le master 4 800 dollars, sous conditions d’obtention du West African Senior School Certificate Examination (WASSCE), un examen commun aux pays anglophones d’Afrique de l’Ouest.


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À Lomé, l’offre est identique, mais les enseignements sont bilingues et moins coûteux : 1,4 million de francs CFA pour la licence (environ 2 100 euros) et 2,4 millions pour le master. « La première année, les cours principaux sont en français avec des cours intensifs en anglais. Puis la langue est graduellement insérée dans le cursus », explique Toufic Joseph Tasso.

Autrefois prospères, les affaires libanaises de Toufic Tasso pâtissent d’un désamour des étudiants pour les écoles de commerce. L’an passé, ses établissements n’ont dégagé que 1 million de dollars de chiffre d’affaires, contre 4 millions en 2000. Si le hasard a fait naître l’idée, c’est donc bien la nécessité qui a fini de convaincre l’entrepreneur que l’Afrique est une terre d’opportunités.


D’autres pays cibles

Le réseau Lucas étudie actuellement des implantations dans deux autres pays, dont le Nigeria. Mais « les conditions d’implantation dans ce pays, sa situation économique et monétaire nous laissent hésitants », confie l’entrepreneur libanais.

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