Politique économique

Tunisie : Tarek Cherif et Noureddine Taboubi à fleurets mouchetés

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Mis à jour le 23 novembre 2018 à 14h47
Tarek Cherif et Noureddine Taboubi.

Tarek Cherif et Noureddine Taboubi. © Montage JA

Tarek Cherif, 63 ans, président de la Conect, deuxième centrale patronale du pays, et Noureddine Taboubi, 57 ans, secrétaire général de l’UGTT, ne sont décidément pas sur la même longueur d’onde. Leur relation, tendue, parfois houleuse, reste cependant toujours respectueuse.

Le PDG du groupe Alliance est l’un des rares à critiquer celui qui, dans l’opinion, apparaît comme le preux chevalier défendant les droits des travailleurs. Ce dernier, syndicaliste rodé aux bras de fer avec le patronat, a réussi à la fin d’octobre à arracher des augmentations salariales pour le secteur public et à faire reculer le gouvernement sur la privatisation des entreprises publiques (une vingtaine dont Tunisair, Tunisie Télécom, le Groupe chimique tunisien, selon l’UGTT) justifiant son action par le souci de préserver la souveraineté nationale et l’emploi.

Aux commandes du navire amiral des syndicats tunisiens – considéré comme une instance nationale incontournable –, Noureddine Taboubi est craint pour sa capacité à mobiliser et à créer des blocages. Si Tarek Cherif reconnaît la puissance de la centrale syndicale, qui est l’un de ses principaux interlocuteurs en tant que premier partenaire social du pays, ce dirigeant attaché à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) réclame « plus de compréhension » vis-à-vis de l’État et du secteur privé.

Risques inflationnistes

Chantre du partenariat public-privé, Tarek Cherif met en avant les risques inflationnistes liés à la hausse des salaires et maintient que « tout ce qui appartient aux secteurs concurrentiels doit être privatisé ».

Le patron fustige aussi les décisions du gouvernement : « le rythme (d’endettement du pays) d’aujourd’hui n’est plus soutenable. Les crédits contractés par la Tunisie ne créent pas de richesse, on est loin du cercle vertueux ! » regrette-t-il au moment où le gouvernement se félicite de la légère amélioration des indicateurs économiques, maintenant un objectif de croissance de 3 % du PIB cette année.

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