Politique

Éthiopie : dix choses à savoir sur Sahle-Work Zewde, la première femme présidente du pays

La première présidente éthiopienne, Sahle-Work Zewde, à la suite de la cérémonie de passation des pouvoirs au Parlement à Addis-Abeba, le 25 octobre 2018 © Minasse Wondimu Hailu/Anadolu Agency/AFP

À 68 ans, elle est, depuis le 25 octobre, la première présidente élue de l’histoire de l’Éthiopie et l’unique femme chef d’État du continent en fonction. Un poste certes honorifique, mais très symbolique.

1. Francophone

Sahle-Work Zewde a fait toute sa scolarité au lycée français Guébré-Mariam d’Addis-Abeba, a vécu en France plus d’une décennie et, entre 1989 et 2006, a été ambassadrice d’Éthiopie dans trois capitales francophones : Paris, Dakar et Djibouti. De 2009 à 2011 elle a également résidé à Bangui, où elle a été représentante du secrétaire général des Nations unies. C’est aussi une amie de longue date du président guinéen Alpha Condé.

2. Élève précoce

Bachelière à 17 ans, elle obtient une bourse pour étudier en France. Elle est donc encore mineure quand elle commence un cursus en sciences naturelles à l’université de Montpellier.

3. Impératrices

Elle n’est pas la première femme à présider aux destinées de l’Éthiopie. Plusieurs impératrices l’ont précédée. La dernière d’entre elles, Zaouditou, amhara elle aussi, régna de 1916 à 1930.

4. Après Johnson-Sirleaf

Elle n’est pas non plus la première présidente élue du continent africain. La Libérienne Ellen Johnson-Sirleaf (en 2005) ou la Centrafricaine Catherine Samba-Panza (en 2014) l’ont devancée. Mais celles-ci ne sont plus au pouvoir.


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5. Pourquoi elle ?

On ignore la raison pour laquelle Mulatu Teshome, son prédécesseur, a démissionné avant la fin de son mandat de six ans. L’arrivée d’Abiy Ahmed à la primature, en avril, et sa spectaculaire reprise en main du pays n’y sont sans doute pas étrangères.

6. Vague féminine

Son accession à la présidence s’inscrit dans le cadre d’une vaste politique de féminisation : Abiy Ahmed a nommé le premier gouvernement paritaire du continent le 17 octobre (juste avant le Rwanda), puis placé une autre femme, Meaza Ashenafi, à la tête de la Cour suprême, le 1er novembre.

Meaza Ashenafi, nouvelle présidente de la Cour suprême éthiopienne. © Wikimedia Commons

7. Diplomate

Elle est séparée du père de ses deux enfants depuis plusieurs décennies, ce qui ne l’a pas empêchée de mener une brillante carrière de diplomate.

8. Drame

L’une de ses trois sœurs, hôtesse chez Ethiopian Airlines, est décédée le 23 novembre 1996 dans le crash d’un avion détourné par trois opposants. À court de carburant, le pilote du vol 961 réussit partiellement un amerrissage d’urgence près des côtes comoriennes et sauva 52 des 175 passagers et membres d’équipage.

9. Mer Rouge

Lorsqu’elle fut nommée ambassadrice à Djibouti, en 1993, elle craignit d’abord qu’être une femme dans un pays musulman ne lui complique la tâche. Finalement, ces neuf années passées sur les bords de la mer Rouge ont été les « meilleures de [s]a carrière de diplomate », a-t-elle déclaré. Elle fut en première ligne lorsque, durant son conflit avec l’Érythrée, l’Éthiopie commença à utiliser le port de Djibouti comme plaque tournante de ses échanges commerciaux.

Sahle-Work Zewde, ici en 2014 à Nairobi, est la première femme élue présidente de l'Éthiopie. © REUTERS/Noor Khamis/File Photo

10. Patrons français

Ambassadrice en France de 2002 à 2006, elle s’est démenée pour attirer les investisseurs français, comme le groupe Castel (dont elle connaît personnellement le patron, Pierre Castel) dans le vin éthiopien. Elle a aussi longuement discuté avec le groupe hôtelier Accor, avec moins de succès.

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