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Sciences et technologies : la fin des complexes en Afrique

Sciences et technologie : la fin des complexes © Laurent Parienty pour JA

Enseignement, recherche, publications... Si les moyens manquent encore, l’Afrique n’a jamais été aussi présente sur la scène scientifique mondiale, et de nombreux talents émergent. Une certitude : l’effort doit être collectif et panafricain.

C’est l’une des conséquences, parmi bien d’autres, du réchauffement climatique et, plus largement, de l’activité humaine : les espèces qui peuplent la planète, qu’elles soient végétales ou animales, sont menacées. 26 000 espèces vivantes sont rayées chaque année de la surface du globe et, pour s’en tenir aux vertébrés, qui nous sont les plus proches, 8 851 espèces sur 27 600 sont aujourd’hui en déclin. En juillet 2017, trois biologistes (deux Américains et un Mexicain) écrivaient même, dans une étude pessimiste parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, que la sixième « extinction de masse » était entamée et qu’elle serait comparable à celle qui a provoqué la disparition des dinosaures.

L’Afrique, bien sûr, n’est pas épargnée par le phénomène et nombre de ses espèces sauvages les plus emblématiques sont en danger. C’est là que la science entre en jeu. Depuis quelques années, certaines populations animales – de zèbres et d’impalas, notamment – ont été équipées de colliers qui, par ondes radio ou par GPS, permettent aux gardes animaliers de connaître leur position en temps réel et de repérer les mouvements anormaux provoqués, par exemple, par l’approche de braconniers.

Mieux encore : grâce à l’intelligence artificielle, le dispositif peut être analysé par des ordinateurs qui, utilisant des « modèles prédictifs », sont capables de prévoir dans quelle direction le troupeau va se diriger. À la base de ce dispositif, on trouve une invention africaine : le CyberTracker, un logiciel reliant collier et satellite développé, à la fin des années 1990, par deux Sud-Africains (Louis Stevenson et Liebenberg Lindsay) soucieux de protéger les rhinocéros de leur pays.


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De tels exemples, hélas, restent rares. Le continent a encore trop tendance, pour résoudre ses problèmes, à utiliser des technologies développées ailleurs. Et, malgré les belles déclarations, malgré aussi quelques incontestables réussites, la recherche scientifique reste trop souvent le parent pauvre des budgets publics. En témoignent les récents objectifs fixés par l’Union africaine, qui invitent les États membres à consacrer au moins 1 % de leur PIB aux « STI » (sciences, technologies et innovation). Un chiffre qui était déjà visé… lors du sommet de l’Organisation de l’unité africaine de Dakar en 1974. Et qui n’est toujours pas atteint.

La prise de conscience de l’importance des sciences est générale

Cheikh Modibo Diarra, qui fut astrophysicien à la Nasa avant, en 2012, de devenir le Premier ministre du Mali, confirme ce triste constat : « Je pense qu’il n’y a eu aucune amélioration réelle depuis les années 1960 ou 1970. » Aucune, vraiment ? Il réfléchit un instant, puis nuance son propos : « Si, quand même. À mon époque, les gens ne comprenaient pas de quoi on parlait quand on évoquait devant eux les sciences ou les technologies. Ça, je l’admets, ça a changé. Aujourd’hui, nos dirigeants conçoivent le rôle qu’elles peuvent jouer. »

L’Afrique ne compte que 2,4 % des chercheurs, 2,6 % des publications scientifiques et 0,1 % des dépôts de brevets

Prise de conscience

De fait, la situation a beaucoup évolué, au moins sur le plan institutionnel. La prise de conscience de l’importance des sciences est générale. Tous les pays africains se sont dotés d’un ministère de la Recherche, ont lancé des programmes incitatifs. Hélas ! Les résultats se font attendre. L’Afrique fait plus que jamais figure de parent pauvre sur la scène internationale. Elle représente aujourd’hui 15 % de la population du globe, mais ne compte que 2,4 % des chercheurs, 2,6 % des publications scientifiques et 0,1 % des dépôts de brevets.

Dans un monde où le développement est de plus en plus lié aux innovations technologiques, le continent qui ne suit pas le mouvement se condamne à la stagnation. Vice-président du Next Einstein Forum, le physicien sénégalais Youssef Travaly en est convaincu : « L’économie mondiale tend à devenir une économie de la connaissance. Or le poids des technologies dans le PIB des pays africains est très faible. S’il y a un gap technologique, il y aura forcément un gap de prospérité. »


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La situation varie considérablement d’un pays (et d’une région) à l’autre. L’Afrique du Nord est, par exemple, bien plus avancée que la zone subsaharienne. Les chercheurs égyptiens sont nombreux et publient abondamment (on dénombre de nombreuses femmes dans leurs rangs), tandis que l’Algérie brille surtout grâce à ses mathématiciens. À l’autre extrémité du continent, l’Afrique du Sud est un cas à part. Hérité du temps de l’apartheid, son système d’enseignement et de recherche est comparable à celui des nations occidentales et le pays revendique 818 chercheurs par million d’habitants contre, par exemple, 318 au Kenya, 96 au Togo ou 11 au Lesotho. Le Rwanda, le Maroc et la Tanzanie figurent également parmi les États vertueux, ce qui ne doit rien au hasard : leurs dirigeants ont fait de la science une priorité.

Le Rwanda obtient des résultats impressionnants, Madagascar est une pépinière de talents, la Côte d’Ivoire renaît de ses cendres, le Burkina fait de belles chose

Pépinière

Chercheur à Orsay, près de Paris, et président de l’Association pour la promotion scientifique de l’Afrique (APSA), Vincent Rivasseau complète le tableau : « Le Bénin, le Sénégal, le Ghana, le Gabon et le Cameroun ont un bon niveau en physique. Le Nigeria fait des choses, même si on pourrait attendre davantage d’un aussi grand pays – et on pourrait dire la même chose du Kenya. Le Rwanda obtient des résultats impressionnants ; Madagascar est une pépinière de talents, en dépit des soubresauts politiques ; la Côte d’Ivoire renaît de ses cendres ; le Burkina, malgré de faibles moyens, fait de belles choses. Et puis, n’oublions pas que l’Éthiopie développe son propre programme spatial ! »


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Nombre d’initiatives viennent du secteur privé – au Maroc, le nombre de chercheurs a augmenté de 64 % entre 1999 et 2010 dans le secteur public, mais de 383 % dans le privé –, d’autres bénéficient de financements étrangers, à l’instar des centres d’excellence parrainés par la Banque mondiale (lire p. 39), ou tel le programme « Rosa », consacré à l’assainissement des espaces périurbains, qui a permis de développer des modèles de gestion des déchets dans quatre villes pilotes (Arba Minch en Éthiopie, Nakuru au Kenya, Arusha en Tanzanie et Kitgum en Ouganda) grâce à des fonds autrichiens.

Autre nouveauté : la parution très prochaine de Scientific African, la première revue scientifique généraliste du continent. Publiée par l’éditeur néerlando-britannique Elsevier, elle permettra aux chercheurs africains qui ont du mal à publier dans des revues étrangères de faire connaître leurs travaux.

Concours et prix

Il ne faut pas sous-estimer non plus le rôle positif des nombreux concours, panafricains ou internationaux, qui mettent en avant les travaux de chercheurs souvent jeunes, les aident à trouver des financements ou à poursuivre leurs recherches dans les meilleures universités ou les meilleurs laboratoires. La liste en étant longue, on ne citera que quelques-uns des plus importants : le prix scientifique Kwame-Nkrumah (décerné par l’Union africaine) ; l’Obasanjo Scientific Prize (African Academy of Sciences, à Nairobi) ; les bourses attribuées aux lauréats par le Next Einstein Forum (lire entretien p. 30) ; l’Africa Prize for Eng ineering Innovation (Royal Academy of Engineering) et le Royal Society Africa Prize, l’un et l’autre financés par les Britanniques ; l’Africa Award for Research Excellence on Space Science (financé par les Américains), les prix SafirLab et AyabaLab (financement français)… Ou encore le concours « Ma thèse en 180 secondes », remporté cette année par une jeune physiobiologiste burkinabè nommée Geneviève Zabré.

Interrogée par Jeune Afrique, cette chercheuse de 31 ans, qui a présenté avec humour son étude sur l’alimentation des bovins et la façon dont elle influe sur leurs émissions de méthane, se félicite des retombées positives de sa victoire et de la médiatisation qui s’est ensuivie : « Au-delà du montant du prix [1 500 euros], ce concours a été pour moi une école qui m’a incitée à vaincre ma timidité. Auparavant, jamais je n’aurais accepté de vous répondre ! Il m’a aussi permis d’établir des collaborations et de nouer des échanges avec d’autres chercheurs. » La jeune femme va désormais pouvoir poursuivre ses travaux. Elle souhaite démontrer que l’utilisation des plantes médicinales est une alternative dans la lutte contre l’émission de méthane – un gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement climatique – par les ruminants.

En matière de sciences, l’Afrique a des spécificités à faire valoir

L’exemple de Geneviève Zabré illustre une autre réalité : en matière de sciences, l’Afrique a, pour son bonheur comme pour son malheur, des spécificités à faire valoir. Quoi d’étonnant si certains de ses scientifiques sont à la pointe en matière d’épidémiologie, de captation de l’eau ou de lutte contre le réchauffement climatique ? Il n’est pas non plus étrange que les formations en géologie s’y multiplient, souvent avec l’aide financière de sociétés minières ou pétrolières.

Pour Cheikh Modibo Diarra, il est impératif que le continent fasse fructifier ses atouts : « Nous avons, dit-il, un potentiel immense dans les énergies propres (barrages hydroélectriques, énergie solaire), l’agriculture (l’Afrique est le continent qui dispose de la plus grande superficie de terres fertiles), mais aussi l’extraction et la distribution de l’eau, qui seront l’un des grands problèmes de l’humanité au XXIe siècle. Nous devrions travailler sur ces sujets afin de développer des solutions intelligentes. Ainsi, quand ces problèmes deviendront des enjeux majeurs pour toute la planète, elle aura des solutions innovantes à proposer. »

Il faut mutualiser nos ressources, créer une institution commune et lui allouer un budget de fonctionnement stable

Mutualisation

Mais comment développer ces compétences ? L’ancien Premier ministre malien a sa petite idée, qui rejoint d’ailleurs les préconisations de l’UA : « Il faut mutualiser nos ressources, créer une institution commune et lui allouer un budget de fonctionnement stable qui ne dépende pas de la bonne volonté des États. Car on sait bien comment ça se passe généralement : la première année, tout le monde cotise ; et puis, comme il faut des années pour obtenir des résultats, les gens se lassent et l’initiative tombe à l’eau. Il faudrait aussi mettre à sa tête une équipe qui ait bien à l’esprit qu’elle travaille pour l’ensemble de l’Afrique. »

Là est sans doute le principal défi. La fuite des cerveaux et le manque de moyens sont de vrais obstacles, mais l’enjeu majeur consiste à développer des programmes transfrontaliers et, si possible, panafricains. « Le vrai problème, insiste Vincent Rivasseau, c’est le morcellement. Beaucoup de problèmes pourraient être résolus. Les meilleurs étudiants partent à l’étranger ? Moi, je les incite à rentrer en leur disant : “Préfères-tu être le plus brillant dans ton pays ou le énième doctorant à l’université de Montpellier ?” Certains l’entendent. Mais l’absence de collaboration entre États pose un énorme problème. Je suis désolé de le dire aussi brutalement, mais le Togo ou le Burundi ne peuvent pas avoir une politique scientifique autonome. »

Il faut réfléchir en termes panafricains

C’est tellement vrai que l’UA appelle de ses vœux la création d’une université panafricaine, éventuellement sous une forme « virtuelle ». Déjà, quelques collaborations ont été mises en place, souvent à une échelle modeste. Le Ghana, la Tanzanie et la Zambie ont ainsi décidé de mutualiser les coûts de leurs enseignements supérieurs respectifs. La Namibie, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe ont fait de même. Il ne devrait pas en aller différemment pour la recherche, estime Cheikh Modibo Diarra : « Il faut réfléchir en termes panafricains. Un chercheur qui travaille seul dans son coin n’avance pas, ne progresse plus. Il faut penser beaucoup plus large ; sinon, rien ne bouge. La science et le nationalisme n’ont jamais fait bon ménage. »


  • Habiba Bouhamed Chaabouni (65 ans, biologie, Tunisie) : traqueuse de gènes

David Richard /Transit/Pink pour JA

La Tunisie a abrité, au fil des siècles, des peuples d’origines diverses (Amazighs, Romains, Arabes, etc.). Mais elle est aussi une terre de mariages endogames, voire consanguins. Première conséquence : 5 % environ de sa population est porteuse d’une maladie rare, généralement d’origine génétique. Seconde conséquence, plus positive : elle a développé une expertise reconnue sur le sujet. La Tunisie possède en effet des laboratoires, des services hospitaliers et des instituts universitaires de pointe en matière de génétique et de maladies congénitales. Et elle compte parmi les pays où les publications scientifiques sont les plus nombreuses.

Bouhamed Chaabouni dirige aujourd’hui le doctorat de biologie de la santé et le laboratoire de génétique humaine de l’université de Tunis

Parmi les spécialistes tunisiens, Habiba Bouhamed Chaabouni se distingue. Diplômée de la faculté de médecine de Tunis et de l’université Paris-Descartes, cette généticienne a, au terme d’une longue enquête dans le nord du pays, mis en évidence le ratio dramatiquement élevé (25 %) d’unions entre cousins germains. Récipiendaire de nombreux prix nationaux et étrangers, la professeure Bouhamed Chaabouni dirige aujourd’hui le doctorat de biologie de la santé et le laboratoire de génétique humaine de l’université de Tunis.

  • Arsène Tema Biwole (26 ans, physique nucléaire, Cameroun) : créateur de soleil

DR

Automne 2017 : les réseaux sociaux et la presse camerounaise s’enflamment. Arsène Tema Biwole, un jeune physicien travaillant aux États-Unis, aurait été recruté par la Nasa. Il serait le second Camerounais dans ce cas, après le célèbre Ernest Simo. Très vite, cependant, le jeune surdoué met les points sur les i : non, il n’a pas été recruté par la Nasa, fait-il savoir sur Facebook, il a seulement collaboré avec l’agence sur un point très précis : les turbulences nucléaires. « La Nasa, ajoute-t-il, s’efforce d’envoyer l’homme dans les étoiles. Nous, nucléaristes, travaillons à amener le Soleil sur la Terre. »

Mon rêve, explique-t-il, est de rentrer au Cameroun pour devenir… professeur de physique

Tema Biwole a fait ses études au lycée de Bafoussam (Ouest), puis à l’université polytechnique de Turin (Italie), avant de s’envoler pour les États-Unis, où il a eu le rare privilège de participer à la conférence annuelle de physique des plasmas organisée par la Société américaine de physique. Lui qui a grandi dans une maison dépourvue d’électricité a aujourd’hui un grand projet : utiliser la fusion thermonucléaire contrôlée pour créer ce qu’il appelle un « soleil artificiel » capable de fournir une énergie « perpétuelle » à l’ensemble de l’humanité. Et tout spécialement aux Africains.

Il a aussi des ambitions plus prosaïques : « Mon rêve, explique-t-il, est de rentrer au Cameroun pour devenir… professeur de physique. »

  • Hallowed Olaoluwa (28 ans, physique et mathématiques, Nigeria) : surdoué et pressé

Capture écran/YouTube/Next Einstein Forum

Nigérian né en 1990 à Bangui (Centrafrique), Hallowed Olaoluwa était le genre d’étudiant capable de donner des complexes à n’importe qui, professeurs compris. Bachelier à 14 ans, il est rentré à Lagos pour s’inscrire à l’université, où il a décroché une double licence à 17 ans, puis deux masters (maths et physique) à 19 ans. Quatre ans plus tard, il est logiquement devenu le plus jeune docteur en mathématiques du continent. Et major de sa promotion, naturellement.

À terme, ses travaux pourraient permettre d’optimiser les systèmes informatiques, thermodynamiques ou optiques

Distingué lors de la première édition du Next Einstein Forum, en 2016, ce jeune homme pressé partage sa vie entre Lagos, où il enseigne, et la prestigieuse université Harvard (Massachusetts), où il s’est vu confier un poste de chercheur postdoctoral. Son sujet de recherche ? L’ergodicité quantique en physique mathématique. Lorsqu’on lui demande de quoi il s’agit, le jeune homme sourit, puis répond : « C’est comme imaginer la forme d’un tam-tam simplement en entendant le son qu’il produit. » À terme, ses travaux pourraient permettre d’optimiser les systèmes informatiques, thermodynamiques ou optiques. Dans l’immédiat, il souhaite surtout que les pays africains comprennent l’intérêt de revaloriser le statut des enseignants, « un métier noble trop souvent considéré comme un métier de pauvres ».

  • Francine Ntoumi (57 ans, biologie moléculaire, Congo-Brazzaville) : la globe-trotteuse est de retour !

Capture écran/YouTube/Institut de France

Comme beaucoup de brillants étudiants africains, Francine Ntoumi est partie poursuivre ses études en Europe. Et elle l’a fait très tôt : ses parents ont en effet choisi de l’envoyer en France alors qu’elle n’avait que 12 ans. « Ils pensaient que j’aurais une meilleure formation là-bas, se souvient-elle. C’était plus facile à l’époque… » Quelques années plus tard, à l’université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris, elle décroche un doctorat en biologie. « J’ai alors voulu rentrer au Congo, raconte-t-elle, mais on était en 1997, c’était la guerre civile. Je suis donc allée au Gabon, où j’ai pu faire mes premiers pas de chercheuse indépendante en biologie moléculaire. »

L’objectif reste de rentrer à Brazzaville, mais les autorités universitaires congolaises ne manifestent aucun intérêt pour les qualifications de la jeune femme. Elle part donc diriger un laboratoire en Allemagne, où elle forme en priorité des chercheurs africains et devient une spécialiste du paludisme. L’étape suivante la mène à La Haye, où elle se familiarise avec le management. Sa notoriété s’accroît, les récompenses internationales pleuvent : prix Kwame-Nkrumah de l’Union africaine, prix Georg-Forster (Allemagne), prix Christophe-Mérieux de l’Institut de France, enseignement à l’université d’Édimbourg (Écosse)… Cette reconnaissance lui ouvre, enfin, les portes de son pays d’origine. En 2008, elle y crée la Fondation congolaise pour la recherche médicale.

En tant que spécialiste des maladies infectieuses, Francine Ntoumi est aujourd’hui une référence internationale. Ce qui donne du crédit à son plaidoyer pour la recherche africaine. « Ce n’est pas une question d’argent, estime-t-elle, mais une question d’hommes et de volonté. Pour commencer, il faut inciter les diplômés à rentrer en instaurant enfin ce qui existe partout ailleurs : l’homologation des titres universitaires obtenus à l’étranger. Parce que nos étudiants veulent tous revenir, mais on ne peut pas leur demander de repartir de zéro. »

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