Politique

Mali : vieux crocodiles et jeunes loups, le choc des générations

Le président Ibrahim Boubacar Keïta, le 29 octobre 2015. © Saurabh Das/AP/SIPA

Au sein de la majorité comme de l’opposition, la génération montante ronge son frein en attendant de prendre enfin le relais d’une élite qui gouverne le pays depuis vingt-cinq ans.

L’air solennel dans son boubou immaculé, il l’avait martelé lors de sa prestation de serment le 4 septembre, à Bamako : « Je veux faire de la jeunesse la grande cause de ce nouveau mandat et je veux être jugé sur cela. » Devant le parterre d’invités, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) s’était plu à incarner l’une de ses figures favorites, celle du père de la nation qui protège ses « enfants ».


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Quelques semaines plus tard, son entourage assure qu’il ne s’agissait pas que d’une déclaration d’intention, mais d’une véritable ambition pour son second quinquennat. Avant de quitter le palais de Koulouba, IBK souhaite faire émerger de jeunes talents capables de prendre la relève. « Il le répète régulièrement en privé : il faut miser sur la jeunesse et la préparer à gérer demain le pays », glisse l’un de ses collaborateurs. Le choix de Kamissa Camara, 35 ans, jusque-là inconnue du grand public et propulsée le 9 septembre à la tête du stratégique ministère des Affaires étrangères, illustre cette volonté présidentielle.

C’est vers une véritable transition générationnelle que s’oriente le Mali

Plus qu’un simple rajeunissement de quelques ministres, c’est vers une véritable transition générationnelle que s’oriente le Mali. Car derrière IBK, 73 ans, c’est toute une génération qui va progressivement être appelée à raccrocher les gants. Celle qui a marché contre le régime dictatorial de Moussa Traoré en 1991 et qui a érigé les bases de la démocratie malienne. Celle qui a fait les grandes heures de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-PASJ) dans les années 1990 et 2000. Celle qui finalement dirige le pays depuis plus d’un quart de siècle.

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