Banque

[Chronique] Banques : les risques du métier

Par

Joël Té-Léssia Assoko est journaliste économique à Jeune Afrique et ancien chef d'édition de Jeune Afrique Business+. Ivoirien, diplômé de Paris-Dauphine et de Sciences-Po Paris, il suit le secteur de la finance en Afrique.

+ Suivre cet auteur
Vue générale de la ville d'Abidjan, Côte d'Ivoire.

Vue générale de la ville d'Abidjan, Côte d'Ivoire. © Jacques Torregano pour JA

Il est peu probable que la faillite de Saf Cacao entraîne une crise bancaire en Côte d’Ivoire. Explications.

Comme il est difficile d’avoir de la peine pour des banquiers. En Côte d’Ivoire, ils s’échinent ces dernières semaines à dépeindre la faillite du négociant Saf Cacao, prononcée à la mi-juillet, comme un danger pour l’ensemble du secteur. Il faut admirer la manœuvre. Elle vise à exiger de l’État qu’il presse l’éventuel repreneur pour rembourser le maximum de dettes. Les 160 milliards de F CFA (244 millions d’euros) dus à Abidjan et à une dizaine de banques représentent moins de 2 % des actifs du secteur. Par quel mécanisme inédit un défaut sur ces créances engendrerait-il une crise systémique ?


>>> À LIRE – Agroalimentaire : pourquoi la faillite de Saf Cacao va secouer la Côte d’Ivoire


Il se dit que les banques seraient désormais moins enclines à prêter au secteur agricole. Depuis plusieurs années, celui-ci représente de toute façon à peine 5 % des crédits déclarés à la Centrale des risques de la BCEAO, contre plus de 20 % pour l’industrie manufacturière. En quoi une faillite ponctuelle modifierait-elle ces tendances structurelles ? Le coût du risque aurait paraît-il explosé à cause de Saf Cacao. Au premier semestre – donc avant la faillite –, il était déjà en très forte progression, principalement en raison des nouvelles règles prudentielles de Bâle II et Bâle III.

Les actionnaires gagneront un peu moins cette année. Ou rien du tout.

Oui, les établissements les plus affectés vont devoir puiser dans leurs marges pour constituer de nouvelles provisions sur ces créances compromises. Cela réduira leur rentabilité. C’est un scénario classique. Des banques prêtent à une entreprise. Celle-ci fait faillite. Les prêteurs constituent des provisions et tentent leur va-tout pour récupérer leur mise. Les actionnaires gagneront un peu moins cette année. Ou rien du tout. Dura lex, sed lex. Pour les banques aussi, le marché a ses lois, sévères mais impératives.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte