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Cet article est issu du dossier «Togo : la sortie de crise, c'est par où ?»

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Économie

Togo : l’économie sur la bonne voie

Le port de la capitale, dans lequel d’importants investissements ont été consentis. © Jacques TORREGANO pour JA

Après une année difficile, les signes d’un redressement sont là. Une tendance que le Plan national de développement devrait consolider.

«Nous sommes dans une dynamique de reprise de l’activité », constate Germain Essohouna Meba, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo. L’économie du pays va effectivement à nouveau de l’avant, après une période atone en 2017 due aux remous sociopolitiques. Lomé explique cette bonne tenue par les investissements massifs consentis dans les infrastructures – notamment dans le port de la capitale ou dans l’aéroport international –, censés renforcer le socle de l’économie.

« L’activité a pourtant bien connu un ralentissement mi-2017. En conséquence, le taux de croissance est estimé à 4,4 % pour l’ensemble de l’année. L’inflation reste dans le même temps sous contrôle, autour de 1,1 % », précisent les experts du FMI.

Optimisme

S’il est conscient des risques que font peser les tensions sociales sur les perspectives de croissance, le Fonds se dit désormais optimiste. Il faut dire que la première revue des performances du Togo dans le cadre de son programme appuyé par une facilité élargie de crédit (FEC) avait relevé des indicateurs économiques globalement positifs : croissance proche des 5 % en fin d’année 2018, faible taux d’inflation, assainissement en cours des finances publiques, modernisation des infrastructures, financements extérieurs obtenus à des conditions favorables. Une mission du Fonds prévue fin octobre devrait d’ailleurs entériner ces bons résultats.

La reprise dépend largement de l’issue des élections législatives de décembre prochain et surtout de la présidentielle de 2020, glisse un patron togolais

Lomé semble donc être sur la bonne voie. Les efforts de redressement de l’économie ont permis de ramener le solde primaire de la dette autour de 72 % du PIB en 2017, contre 79,2 % un an plus tôt. Cet indicateur qui mesure l’effort budgétaire des autorités s’est amélioré, passant d’un déficit d’environ 4 % du PIB en 2016 à un excédent proche de 1 % l’année suivante.

Mais les manifestations qui ont ébranlé le pays dès le mois d’août 2017 ont sapé une partie de la confiance des consommateurs et des investisseurs, locaux comme étrangers. L’économie a ainsi perdu près d’un point de croissance par rapport aux prévisions initiales. Le léger rebond annoncé pour 2018 est encore en deçà de la moyenne de 5,4 % enregistrée sur la période 2015-2016.

« La reprise dépend largement de l’issue des élections législatives de décembre prochain et surtout de la présidentielle de 2020. Beaucoup d’investisseurs hésitent et attendent que l’horizon politique s’éclaircisse », glisse un patron togolais. Si celui-ci admet des progrès, il regrette « la lenteur » dans la prise de décisions comme dans leur mise en œuvre. Plus optimiste, le ministère de l’Économie et des Finances table sur une prévision de croissance de 5,1 % en 2019.


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Hub financier

Pour consolider la trajectoire de ses performances macroéconomiques, l’exécutif parie sur son Plan national de développement (PND), portant sur la période 2018-2022. Doté d’une enveloppe d’environ 4 622 milliards de F CFA (7 milliards d’euros), dont près des deux tiers sont apportés par le secteur privé, ce programme entend ouvrir la voie à une transformation structurelle de l’économie togolaise. Pour cela, il prévoit la mise en place d’une plateforme logistique de premier plan, d’un hub financier et d’une base manufacturière solide, le tout encadré par une politique inclusive et sociale.

Misant sur le positionnement géographique du Togo, la plateforme logistique s’appuie sur les installations portuaires et aéroportuaires rénovées de la capitale. Le nouvel aéroport de Lomé a même déjà franchi la barre du million de passagers. « Nous travaillons à rassurer le secteur privé. C’est dans cet esprit que nous avons organisé à Hangzhou [en marge du sommet Chine-Afrique] un forum d’affaires avec les investisseurs chinois, en vue de nouer des partenariats pour la mise en œuvre des projets structurants contenus dans le PND », explique-t-on au ministère de l’Économie et des Finances.

Meilleur scénario

Selon le meilleur scénario, l’effet du plan serait tel qu’il favoriserait l’accélération de la croissance, qui s’établirait à 7,6 % en 2022. Dans le même temps, le pays espère créer pas moins de 500 000 emplois, pour augmenter le PIB par habitant de 9, 7 % et le porter à 670 dollars. Une augmentation qui pourrait permettre au Togo de grappiller 14 points sur l’indice de développement humain (IDH) du Pnud, pour, finalement, ramener le pourcentage de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté à 44,6 %, contre 53 % actuellement.

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