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Cet article est issu du dossier «Togo : la sortie de crise, c'est par où ?»

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Économie

Togo – Sani Yaya : « Nous devons rassurer le secteur privé »

Sani Yaya, ministre de l'Économie et des Finances. © Ministère togolais de l'Économie et des Finances.

Consolider la croissance et confirmer la relance de l’économie, ralentie en 2017 par les remous politiques : voici les objectifs que s’est fixés le ministre de l'Économie et des Finances Sani Yaya, 55 ans. Ce fin connaisseur du secteur bancaire ouest-africain détaille son plan d’attaque.

Jeune Afrique : En dépit de la tension sociale, les performances macroéconomiques du Togo restent positives. Comment l’expliquez-vous ?

Sani Yaya : Le gouvernement a poursuivi ses réformes pour progressivement améliorer le climat des affaires. Ce qui nous a permis d’attirer d’importants investisseurs et, ainsi, de poursuivre notre plan de développement des infrastructures. Le groupe Bolloré et l’armateur MSC ont ainsi considérablement investi dans le Port autonome de Lomé (PAL), et Heidelberg Cement dans le secteur du BTP, avec la production de clinker.

Une nouvelle aérogare internationale a également été construite, et des routes ont été bitumées. Ces équipements nous ont permis de faire augmenter le stock de capitaux dans le pays et de préserver la croissance, par ailleurs soutenue par l’agriculture, secteur dans lequel le gouvernement a injecté d’importantes ressources financières depuis 2008.

Nous prévoyons de créer des « agropoles » pour favoriser la transformation locale

Avec quels objectifs ?

L’agriculture va continuer à porter la croissance du pays en 2019, de manière plus ou moins importante en fonction des conditions climatiques. Nous prévoyons de créer des « agropoles » pour favoriser la transformation locale. Les deux sites de ciment installés dans le pays exportent une partie de leur production et soutiennent la demande locale dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Dans le tertiaire, le transport devrait prendre de l’importance à la suite des investissements réalisés dans le port de Lomé.

Vous avez fusionné vos services des douanes et des impôts pour mieux mobiliser les ressources propres. Avec quels résultats ?

Quatre ans plus tard, nous pouvons dire que nous avons pris la bonne décision. Les performances réalisées par ce nouvel office ont permis de booster le niveau de mobilisation des ressources. Les recettes fiscales ont bondi de 40 % en quatre ans, et leur mobilisation devrait encore progresser de 3,8 % en 2018. Nous avons réussi à porter le taux de pression fiscale à 20,6 % en 2017, soit plus que la norme des pays de l’Uemoa [20 %].


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Pourquoi avoir élaboré un nouveau Plan national de développement (PND) 2018-2022 ?

L’élaboration du PND, désormais unique cadre de référence à moyen terme en matière de développement, s’appuie sur les résultats de la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (Scape), mise en œuvre entre 2013 et 2017. Le gouvernement entend maintenant capitaliser sur ces acquis pour transformer structurellement l’économie togolaise.

Et comment comptez-vous financer ce plan ?

Le secteur privé doit apporter près de 65 % des 4 622 milliards de F CFA (7 milliards d’euros) nécessaires au financement du PND. À nous de le rassurer pour qu’il apporte sa contribution au développement du pays.

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