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Banques nigérianes : comme un parfum de crise

Les huit banques d’importance systémique représentent plus de 70% des actifs bancaires du pays. Ici, Lagos Island. © Gwenn DUBOURTHOUMIEU pour JA

La récente nationalisation de Skye Bank a fait ressurgir le spectre du krach de 2009-2010, qui avait ébranlé le secteur bancaire du pays. Si les leaders semblent en mesure de résister, les établissements intermédiaires restent vulnérables. Comme il y a neuf ans…

Godwin Emefiele sort d’un week-end ombrageux, lorsqu’il ouvre, le lundi 24 septembre, les débats du Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque centrale du Nigeria (CBN), principale instance de pilotage macroéconomique du pays. Pendant quarante-huit heures, la très active twittosphère nigériane s’est déchaînée contre le gouverneur de la CBN et la nationalisation temporaire de Skye Bank (8e banque du pays en 2015), annoncée le vendredi 21 septembre.

« Skye a besoin d’une recapitalisation urgente, car elle ne peut pas continuer à survivre avec les apports en liquidités de la CBN. Les actionnaires de la banque n’ont pas été en mesure de la recapitaliser », a regretté Godwin Emefiele. Les actifs, le passif et les 5 000 employés de la structure défunte sont absorbés par une nouvelle « banque relais », Polaris Bank, chargée de trouver un repreneur.

Depuis juillet 2016, Skye Bank était déjà sous la tutelle de la Banque centrale… À l’époque, l’institution avait remercié la quasi-totalité du conseil d’administration et du haut management de l’établissement, ébranlé par la chute des cours du pétrole et confronté à de lourdes créances douteuses, accordées dans des conditions jugées suspectes. « Toute notion de faillite de Skye Bank, après sa mise sous le contrôle de la Banque centrale, est une mise en cause directe de cette dernière », a dénoncé l’analyste financier Olufemi Awoyemi.

Incapacité à mobiliser des capitaux

Pour George Bodo, spécialiste du secteur bancaire à Ecobank, la nationalisation « n’est pas une surprise complète, puisque c’est l’un des scénarios que nous avions envisagés dès sa mise sous tutelle ». Soit. Mais l’incapacité de la nouvelle direction – maintenue sous Polaris Bank – à recouvrer les créances, et celle des actionnaires à mobiliser de nouveaux capitaux interrogent sur l’efficacité des choix de la CBN. La chute de Skye Bank réveille également les fantômes de la crise bancaire de 2009-2010, qui avait entraîné de nombreuses nationalisations.

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