Télécoms

Guinée : l’ultimatum du ministre des Télécommunications à Intercel

Moustapha Mamy Diaby, ministre guinéen des Postes, des Télécommunications et de l'Économie numérique, et Osama Abdalla, directeur général d'Intercel. © Montage JA

Moustapha Mamy Diaby, ministre guinéen des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique, a donné un mois à l’opérateur Intercel, filiale du groupe soudanais Sudatel, pour plier bagage.

Après l’ultimatum adressé le 9 octobre, celui qui était patron du régulateur des télécoms avant d’entrer au gouvernement est passé à la vitesse supérieure en saisissant le tribunal de Kaloum pour enclencher une procédure de liquidation de la société, qui, selon les autorités, possède moins de 1 % de part du marché de la téléphonie mobile. La première audience est annoncée le 8 novembre.


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Présent en Guinée depuis 2006, Intercel est accusé de ne pas investir assez pour étendre son réseau à l’intérieur du pays. Il croule également sous des dettes de « plusieurs millions de dollars » envers l’État, les autres opérateurs de téléphonie et des prestataires de services, selon l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT). Cent millions de dollars, précise une source proche de l’entreprise.

Possible liquidation

Après une réunion du conseil d’administration de Sudatel à Dubaï, Osama Abdalla, directeur général d’Intercel, serait revenu à Conakry avec une délégation d’une dizaine de personnes pour rencontrer le Premier ministre et trouver un accord amiable pour le paiement de la dette. Il aurait également rendu visite à ses employés pour leur préciser qu’« ils ne devaient plus se considérer travailleurs d’Intercel », souffle notre source.

Le syndicat des salariés n’entend pas, lui, baisser pavillon et tente de renouer le dialogue avec les autorités. S’il ne souhaite pas croiser le fer avec l’État, il n’exclut pas « d’user des voies légales et de saisir la justice » pour préserver ses intérêts, précise son porte-parole, Niankoye Apollinaire Loua. Intercel ne serait pas étranger à cette manœuvre désespérée. « Si le juge estime que les dettes sont plus importantes que les actifs de l’entreprise, il prononcera la liquidation », avertit le directeur général de l’ARPT.

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