Politique

Cameroun : pourquoi Maurice Kamto n’a pas perdu

Maurice Kamto dirige un parti, le MRC, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun© Jacques Torregano POUR JA © Jacques Torregano POUR JA

Plus encore que la victoire de Paul Biya, l’élection présidentielle camerounaise a consacré un homme, Maurice Kamto, de fait propulsé à la tête de l’opposition.

La voix est éraillée. Elle ne surprend personne. Si les Camerounais n’entendent leur président que trois ou quatre fois par an, à l’occasion des vœux du Nouvel An ou de la fête de la Jeunesse, ils savent tendre l’oreille pour recevoir sa parole. Respectueusement. Religieusement. Il y a quelques minutes, avant que Paul Biya n’entame son discours, ce 29 septembre à Maroua, dans l’Extrême-Nord, un notable local est tombé dans les bras de son voisin. Il avait effleuré la main présidentielle.

Derrière son pupitre, le chef de l’État remercie, salue « la chaleur de l’accueil », promet de gagner la « bataille du développement », fait miroiter énergie solaire et chemin de fer. Il glisse enfin son slogan, « La force de l’expérience », pied de nez à ses détracteurs, qui glosent sur son âge et sa longévité. Paul Biya pose son texte, jette un rapide regard sur les quelques milliers de partisans rassemblés à bonne distance, sécurité oblige. Sa campagne et son unique meeting sont terminés. Son discours aura duré douze minutes et vingt secondes.


>>> À LIRE – Cameroun : cartes rebattues dans l’opposition, Conseil constitutionnel, crise anglophone… les ingrédients d’un scrutin historique


Une campagne en retrait pour Paul Biya

Sunday Alamba/AP/SIPA

Est-ce la « force de l’expérience » ou les faiblesses de l’âge, que personne ne saurait lui reprocher ? Pour cette présidentielle, et comme il le fait depuis 1997, Paul Biya, 85 ans, s’est mis en retrait. En 2011, il avait tenu meeting à Maroua, avant de prendre la route de Douala. Il a cette fois réduit un peu plus la voilure, annulant un passage à Buéa, dans le Sud-Ouest, sans raison officielle. Problèmes de sécurité liés à la crise anglophone ? Préférence donnée à la réception à Yaoundé d’Ahmad Ahmad, président de la Confédération africaine de football, en prévision de la Coupe d’Afrique des nations 2019 ?

Vous êtes à présent connecté(e) à votre compte Jeune Afrique, mais vous n'êtes pas abonné(e) à Jeune Afrique Digital

Cet article est réservé aux abonnés


Abonnez-vous à partir de 7,99€pour accéder à tous les articles en illimité

Déjà abonné ?

Besoin d'aide

Vos avantages abonné

  1. 1. Accèdez en illimité à l'ensemble des articles sur le site et l'application Jeuneafrique.com (iOs & Android)
  2. 2. Bénéficiez en avant première, 24 heures avant leur parution, de chaque numéro et hors séries Jeune Afrique sur l'application Jeune Afrique Le Magazine (iOS & Android)
  3. 3. Recevez la newsletter économie quotidienne réservée aux abonnés
  4. 4. Profitez de 2 ans d'archives de Jeune Afrique en édition numérique
  5. 5. Abonnement sans engagement de durée avec l'offre mensuelle tacitement renouvelable*

*Service uniquement disponible pour les abonnements à durée libre.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte