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Cet article est issu du dossier «Algérie : octobre 1988, les secrets d’un « printemps »»

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Politique

Algérie – Octobre 1988 : « Nous n’avons pas tiré pour tuer »

Fomer Algerian defense Minister and retired General Khaled Nezzar smiles as he answers reporters at the Paris courthouse Monday July 1, 2002. Nezzar has sued Habib Souaidia, a former army officer and best-selling author for defamation for linking him to atrocities in Algeria’s war on islamic extremists. The trial , expected to last a week, could provide a forum for those who claim the army stood by during massacres or even participated in them. (AP Photo/Amel Pain)/0207011935 © AMEL PAIN/AP/SIPA

Chef du commandement terrestre, le général-major Khaled Nezzar était chargé de maintenir l'ordre pendant l'état de siège, lors des révoltes d'octobre 1988. Extrait de son témoignage qui apparaît dans l'édition enrichie de l’ouvrage de Sid Ahmed Semiane.

SAS : Vous ne pensiez pas, dès le 5, utiliser les armes ?

Khaled Nezzar : Non, jamais ! Absolument pas !

Jusqu’à quel moment avez-vous conservé cette conviction ?

Jusqu’au moment où nous avons constaté que les émeutes se poursuivaient, bien que nous ayons ceinturé les rues par les unités de l’armée. Les chars étaient pris d’assaut par des cocktails Molotov.

Beaucoup de victimes des événements d’octobre ont d’ailleurs été fauchées par des balles perdues

Les instructions étaient-elles précises dans ce genre de situation ?

L’idée d’utiliser les armes ne m’avait pas frôlé l’esprit. J’étais convaincu que la présence des unités dans les rues ramènerait le calme. Je n’avais jamais pensé devoir recourir aux armes. Lorsque l’irréparable s’est produit, des instructions très précises ont été données. Au début, les armes ont été utilisées pour tirer en l’air afin de disperser la foule.

Des tirs de sommation ?

Oui. Cependant, les tirs de sommation dans le cadre du maintien de l’ordre sont réglementés. Mais les gens ne sont pas habitués… Beaucoup de victimes des événements d’octobre ont d’ailleurs été fauchées par des balles perdues. On a aussi tiré par terre pour disperser la foule. Les noyaux et les enveloppes de balles, en ricochant, ont mortellement atteint des personnes. Nous n’avons pas tiré pour tuer, et les instructions n’ont jamais été données dans ce sens.

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