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Cet article est issu du dossier «Affaire Khashoggi : l’onde de choc»

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Diplomatie

Affaire Khashoggi : la guerre des lobbys fait rage dans le Golfe

Le 8 octobre, à Istanbul, des manifestants dénoncent la disparition de Jamal Kashoggi. © Chris McGrath/Getty Images

D’un côté, le Qatar. De l’autre, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, en pleine tourmente de l’affaire Khashoggi. Entre ces deux camps irréconciliables, la lutte d’influence fait rage. Champs de bataille : le Maghreb, l’Europe et les États-Unis. Enquête.

Al-Jazira boit du petit-lait. Dès l’annonce, le 2 octobre, de la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul, la chaîne établie à Doha a basculé en édition spéciale. L’antenne est désormais entièrement consacrée à cette affaire, qui, au fil des heures, se transforme en scandale planétaire. La cascade de révélations incite le Financial Times, Bloomberg, CNN et CNBC à annuler leur partenariat avec le Future Investment Initiative, grand forum économique organisé du 23 au 25 octobre à Riyad.

Du côté de l’administration américaine, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a annulé sa participation. Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé suspendre ses visites en Arabie saoudite, en coordination avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.


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Industrie du discrédit

D’abord aphone, le royaume wahhabite finit par accuser le Qatar d’avoir monté en épingle le scénario de l’assassinat – désormais plus que probable – du malheureux journaliste. Aussitôt, une armée de comptes saoudiens se met en branle sur Twitter pour dénoncer comme fake news les diverses révélations. Le cas Khashoggi n’est que le dernier épisode d’une guerre des récits entre États du Golfe amorcée en juin 2017 avec l’embargo contre le Qatar. L’émirat était alors accusé par ses voisins, entre autres, de financer le terrorisme, de coopérer avec l’Iran et de soutenir les Frères musulmans.

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