Finance

Abraaj : retour sur la faillite retentissante d’un géant du capital-investissement

C’est en février dernier qu’Arif Naqvi, fondateur d’Abraaj, ici dans ses bureaux new-yorkais, a remis sa démission. © ANGEL FRANCO/NYT-REDUX-REA

L'effondrement du fonds dubaïote continue de secouer le monde du capital-investissement, incitant les investisseurs spécialisés sur les pays émergents à la prudence.

La finance est une affaire de confiance. Quand cette dernière est brisée, tout peut très vite s’écrouler.

Ainsi s’explique la faillite au premier semestre de 2018 du capital-investisseur dubaïote Abraaj, qui, à son apogée, disposait de près de 14 milliards de dollars (12 milliards d’euros) d’actifs sous gestion.

La chute, aussi brutale fut-elle, était peut-être prévisible…

Abraaj a investi plus de 1 milliard de dollars dans des entreprises privées implantées en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne. La plupart d’entre elles ne sont pas aujourd’hui affectées par les déboires du fonds car celui-ci ne prenait en général que des participations minoritaires.


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Puiser dans les fonds sous gestion pour payer les dépenses

Les investisseurs étant pressés de sécuriser leurs fonds, l’implosion de la société a toutefois donné lieu à une série de poursuites judiciaires à travers le monde.

Quelques mois plus tôt, le 25 janvier 2018, à l’occasion du Forum économique mondial de Davos, Arif Naqvi, le fondateur d’Abraaj, partage la scène avec Bill Gates autour du thème « une nouvelle ère pour la santé dans le monde ».

Huit jours plus tard, le New York Times et le Wall Street Journal révèlent que des investisseurs, dont la Fondation Bill et Melinda Gates, ont fait appel à un cabinet de juricomptables pour passer au peigne fin les comptes d’Abraaj. Ils veulent comprendre pourquoi leurs 200 millions de dollars n’ont pas été investis comme prévu dans des projets relatifs à la santé au Kenya, au Nigeria et au Pakistan.

Arif contrôlait tout. C’était son bébé, et lui seul savait s’en occuper. Tout passait entre ses mains et celles de ses proches

À la fin de février, Arif Naqvi remet sa démission en tant que gestionnaire du fonds. Le mois suivant, 15 % des 350 membres du personnel de la société sont licenciés, et les investisseurs ne sont plus tenus d’apporter les 3 milliards de dollars qu’ils s’étaient engagés à verser au fonds alors que ce dernier avait pour objectif d’en lever 6 milliards.

La conclusion des audits financiers est sans appel : la société a puisé dans les fonds sous gestion pour payer ses dépenses. De nombreux cadres claquent la porte. Au mois de juin, tandis que les dirigeants tentent de céder des parts de la société, deux créanciers saisissent la justice dans les îles Caïmans pour mettre fin à ses activités. En réponse, Abraaj dépose une demande de liquidation provisoire.

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