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[Infographie] Dans la zone franc, les banques marocaines distancent les françaises

Façade d'une agence dakaroise de la banque CBAO, filiale sénégalaise du groupe Attijariwafa Bank © Sylvain Cherkaoui/Cosmos pour Jeune Afrique

Déjà leaders (parmi les banques étrangères) depuis quelques années dans l’UEMOA, Attijariwafa Bank, BMCE Bank et BCP sont sur le point d’étendre leur leadership à l’Afrique centrale.

Le recul des banques hexagonales au sein de la Cemac est accentué par le désengagement de BNP Paribas du Gabon, après qu’il a cédé en juin 2018 sa filiale au Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS).



Résultat : une fois la cession des filiales de BPCE finalisée, les banques du royaume devraient afficher un total d’actifs dans l’ensemble de la zone CFA d’environ 12 milliards de F CFA (18,3 millions d’euros), contre quelque 6 milliards pour les banques françaises.

Les trois géants marocains devraient également compter entre 9 000 et 10 000 employés dans la zone, contre moins de 5 000 pour leurs consœurs dans l’Hexagone.

Ce fossé devrait logiquement se creuser davantage. Si BMCE Bank n’a pas encore réellement débuté son déploiement en Afrique centrale, BCP a annoncé en septembre dernier l’acquisition des filiales du groupe français BPCE au Cameroun et au Congo.

Surtout, Société générale semble désormais bien seule. Une fois le retrait de BPCE acté, elle représentera 80 % des actifs des banques françaises en zone CFA.

Enfin, selon les données fournies par notre baromètre, les banques marocaines n’ont jamais compté autant d’agences dans la région : 918 à la fin de 2017, contre 903 à la fin de 2016, soit 2,7 fois plus que les banques françaises, ce qui laisse augurer d’une augmentation soutenue des revenus dans les années à venir.

Le leader Ecobank

Les cartes continuent à être redistribuées parmi les principaux acteurs de la zone franc, comme le révèle notre infographie ci-dessous.

Toujours leader, Ecobank lève toutefois le pied en Afrique centrale et ne compte plus que le troisième réseau d’agences en Afrique de l’Ouest et dans l’ensemble de la zone franc.

Même isolée parmi les banques françaises, Société générale poursuit sa stratégie de croissance très forte dans ses pays d’implantation, avec une hausse à deux chiffres de ses actifs, de ses revenus et des crédits octroyés.

La banque semble par ailleurs leader parmi les grands groupes sur le segment de la banque digitale (avec le lancement du porte-monnaie électronique Yup), un sujet fondamental à l’heure où un nouvel acteur, l’opérateur français Orange, pourrait bien faire bouger les lignes une fois son agrément bancaire obtenu dans la zone Uemoa.

Méthodologie : Pour parvenir à mesurer le poids des grands groupes bancaires dans la zone franc, Jeune Afrique a compilé les bilans financiers de l’ensemble de leurs filiales dans les quatorze pays subsahariens concernés. Les chiffres sont arrêtés à fin 2017, sauf pour certaines banques dont nous n’avons pu obtenir les données actualisées. Pour les groupes dont le siège est situé dans l’un des pays de la zone (Ecobank et BGFI Bank), seuls les chiffres des filiales exerçant dans la région ont été pris en compte, les résultats consolidés des holdings étant évidemment exclus.

Les données ont été comptabilisées en intégralité, même si le groupe étudié ne possède pas 100 % du capital. Seules exceptions : Banque de développement du Mali, dont les données n’ont été ajoutées au total de BMCE Bank qu’à hauteur du capital détenu. La Congolaise de banque, autre filiale de BMCE, a été comptée en totalité, dans la mesure où le groupe marocain en a le management. Les chiffres concernant les agences ont été compilés en exclusivité pour Jeune Afrique par le cabinet Devlhon Consulting.

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