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Au Maroc, CFG recherche toujours l’équilibre financier

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Fidèle à son modèle hybride, à mi-chemin entre banque de réseau et banque en ligne, l’établissement subit des pertes structurelles liées à son déploiement dans le royaume.

Créé en novembre 2015, CFG Bank semble avoir trouvé la bonne recette pour se différencier des géants du secteur.

Cette année encore, le recrutement des clients s’est accéléré grâce notamment à sa politique très agressive en matière de crédits immobiliers. « Pour recruter des clients sur le long terme, c’est le meilleur compromis. CFG Bank a tellement baissé les taux [jusqu’à – 4,5 %] qu’il a été difficile pour les autres établissements de suivre », nous détaille le haut cadre d’une banque concurrente.

Au 31 mars, la banque a ainsi collecté 3,8 milliards de dirhams (345 millions d’euros) de dépôts, pour 2,1 milliards de dirhams de crédits distribués.

Un vivier de clients potentiels non exploité

Après vingt-trois années passées dans les domaines de la finance institutionnelle, de la gestion du patrimoine et de l’intermédiation boursière, CFG Group semble donc avoir réussi le pari de se lancer sur le segment plus classique de la banque pour particuliers, en se focalisant sur les grandes villes du royaume – Casablanca, Rabat, Fès, Marrakech et Tanger – , où il compte à ce jour 14 agences.



« Les dirigeants de CFG Group ont compris qu’ils avaient un vivier de clients potentiels non exploité. Il s’agissait des patrons et des actionnaires des entreprises clientes du groupe, généralement très exigeants et qui attendent un service premium », explique-t-on chez un concurrent.

Et son augmentation de capital de 300 millions de dirhams bouclée en mai 2018 lui permet d’avoir les moyens de ses ambitions. Son tour de table a été élargi pour accueillir deux fonds d’investissement, Amethis et AfricInvest, qui rejoignent Royale marocaine d’assurance (RMA), Axa, Saham assurance et la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR).

À la pointe du digital

De l’argent frais qui lui permettra de poursuivre l’expansion de son réseau en s’attaquant à d’autres villes comme Agadir ou Oujda, tout en gardant l’outil technologique comme moteur.

Il s’agit notamment de continuer à développer l’application mobile sur laquelle a été transférée la relation client. Cet outil digital, pour lequel un investissement important a été consenti, permet à CFG Bank de disposer d’une petite longueur d’avance sur ses concurrentes.

Pour l’instant, ces deux axes de développement n’ont cessé de creuser les pertes de la banque présidée par l’ex-ministre du Tourisme Adil Douiri.

L’établissement affichait en 2017 un résultat net négatif de 57,4 millions de dirhams. « Nous sommes en phase avec notre business plan. L’équilibre ne sera atteint qu’après trois ou quatre exercices complets », ne cesse pourtant de répéter Younes Benjelloun, son directeur général.


La Bourse pour 2020 ?

Les dirigeants de CFG Bank n’ont jamais caché leur ambition de voir leur établissement coté à la Bourse de Casablanca. Selon le directeur général, Younes Benjelloun, ce serait la suite logique du plan stratégique mis en place depuis le début de l’aventure.

Une cotation permettrait par ailleurs aux fonds récemment admis au tour de table de sortir du capital. En tous cas, les analystes s’attendent à voir CFG Bank entrer en bourse dès 2020.

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