Économie

[Infographie] Libye : au pays de tous les trafics

La Libye sert de zone de transit pour une multitude de trafics, dont celui des armes. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Armes, migrants, pétrole, drogues... La Libye sert de zone de transit pour une multitude de trafics, dont le manque à gagner s'élève à plusieurs millions de dollars. Décryptage en une infographie.

La Libye présente aujourd’hui tous les traits d’une dystopie anarchiste. L’État n’est pas seulement divisé entre deux entités, l’une à Tripoli, l’autre en Cyrénaïque. Le territoire est également éclaté en une multitude de zones aux contours flous, à la souveraineté incertaine, sur lesquels règnent des chefs de tribu et de milice.

Le désordre institutionnel assure à ces derniers une manne financière à travers la multitude des trafics, même si celui des migrants a sensiblement diminué depuis le début de l’année 2018. Quand le statu quo est si profitable, pourquoi le rompre ? La contrebande est ainsi devenue un obstacle majeur à la résolution de la crise que traverse le pays depuis 2011.


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Trafics juteux

Parmi les trafics les plus juteux, celui qui touche les lettres de crédit. Grâce au double taux de change en cours – 1 dollar = 1,39 dinar libyen (taux officiel) et 1 dollar = 6,25 dinars libyens (marché noir) –, des importateurs tirent profit des lettres de crédit qui leur sont délivrées par la Banque centrale. L’écart entre les deux taux permet de revendre sur le marché noir la devise étrangère, obtenue au taux officiel, et d’empocher ainsi une substantielle plus-value après remboursement de la banque.

Concrètement, il suffit de vendre 310 dollars sur 1 000 dollars prêtés pour rembourser l’établissement et obtenir un bénéfice brut de près de 700 dollars.

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