Télécoms

Télécoms : contact presque rétabli entre Mauritius Telecom et Orange

Sherry Singh (Mauritius Telecom) et Bruno Mettling (Orange Moyen-Orient et Afrique) © SP / BRUNO LEVY POUR JA

Entre Mauritius Telecom et Orange, le second détenant 40 % du capital du premier, la pression est redescendue d’un cran.

À l’issue d’âpres négociations, l’opérateur historique de l’île, dirigé par Sherry Singh, vient d’annoncer le versement de dividendes à ses actionnaires pour l’année 2017. En juin, sa direction avait fait voter une résolution contraire lors de l’assemblée générale. Au sein du groupe français, son partenaire stratégique depuis l’an 2000, cette décision avait eu l’effet d’une bombe.

Cette crise n’est qu’un nouvel épisode qui met en évidence la dégradation des relations entre les deux groupes

« Rien dans la situation financière de l’entreprise ne le justifie », déplorait à l’époque Bruno Mettling, président d’Orange Moyen-Orient et Afrique. La venue à Paris du Premier ministre mauricien le 7 septembre a permis de rétablir le contact entre les parties. Cette crise n’est qu’un nouvel épisode qui met en évidence la dégradation des relations entre les deux groupes.

Développement international

Arrivé à la tête de l’opérateur en 2015, Sherry Singh a progressivement fait évoluer la stratégie de Mauritius Telecom, auparavant aligné sur les intérêts du groupe français. Il a notamment fait du développement international de son entreprise une priorité pour pallier le manque de perspectives offertes par le marché mauricien, déjà mature. Ni la participation de Mauritius Telecom dans Orange Madagascar ni sa filiale à Vanuatu, revendue en 2017, ne répondaient selon lui à cette ambition.

La ligne de conduite adoptée par Sherry Sing a fait naître une défiance durable à son égard chez Orange

Après avoir tenté d’acquérir Tigo Rwanda en 2017, l’opérateur mauricien essayait, jusqu’à ces dernières semaines, de mettre la main sur Uganda Telecom, et Sherry Singh justifiait sa décision de ne pas verser de dividendes par la nécessité de conserver intactes les capacités de financement de son groupe pour mener à bien l’opération.

Même si celle-ci est aujourd’hui abandonnée, la ligne de conduite adoptée par Sherry Sing a fait naître une défiance durable à son égard chez Orange où désormais on pointe l’incompatibilité pour ce dernier d’exercer à la fois son rôle de directeur général et celui de conseiller politique du Premier ministre.

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