Diplomatie

Bill Gates : « Aider l’Afrique est une obligation morale et stratégique »

Bill et Melinda Gates, en février 2018 à Kirkland, Wahington, aux États-Unis. © Ted S. Warren/AP/SIPA

Contrôle des naissances, lutte contre la pauvreté, éducation, politique africaine de Donald Trump... Le milliardaire américain revient pour Jeune Afrique sur les activités de la Fondation Bill et Melinda Gates qu'il copréside et livre son regard sur l'évolution du continent.

Le 25 septembre, à quelques centaines de mètres de la tribune de l’ONU, où se succédaient les présidents du monde entier, Bill Gates présentait le deuxième rapport de sa fondation, présente dans 45 pays en Afrique.

Le deuxième homme le plus riche du monde et sa femme, Melinda, lancent un cri d’alerte face au manque de progrès sur le continent en matière de santé, d’éducation et de lutte contre la pauvreté.



Jeune Afrique : Le rapport de votre fondation a été présenté en pleine assemblée générale de l’ONU. Une manière d’alerter les dirigeants ?

Bill Gates : L’Afrique a fait d’immenses progrès mais reste le continent où les très pauvres sont les plus nombreux. Et rien n’indique que leur nombre va baisser, au contraire. Il y a urgence à mieux agir. Pourquoi, en Tanzanie et en Éthiopie, le système de santé fonctionne bien alors qu’au Nigeria et en RD Congo il y a encore d’immenses difficultés ? Nous voulions mettre ces questions sous les feux des projecteurs.

Ces difficultés ne viennent-elles pas aussi de la mauvaise gouvernance ?

C’est une réalité majeure. Mais il y a également des présidents bien intentionnés.

Une des priorités de votre fondation est de mieux contrôler les naissances. L’augmentation de la population est-elle un problème ?

C’est autant un problème qu’une chance. Si un président ne peut pas faire en sorte que sa population soit bien nourrie, bien formée et ait un emploi, oui, c’est un souci. Il faut pouvoir assurer un avenir à chacun. Nous ne sommes pas là pour dicter aux femmes leur comportement, mais elles doivent avoir le choix et pouvoir accéder à la contraception.



Certains estiment que votre aide financière est une nouvelle forme de colonialisme…

Aider à lutter contre la pauvreté, à développer des vaccins, à la scolarisation, est-ce si controversé ? Je ne crois pas.

L’an dernier, le premier rapport de votre fondation a été présenté en présence de Barack Obama. A-t-il assez œuvré contre la pauvreté sur le continent ?

Sa marge de manœuvre était étroite, mais il s’est assuré que l’aide aux pays africains soit maintenue. Je sais qu’il aurait voulu faire plus et je suis sûr qu’il restera une voix importante sur ce sujet.



Que pensez-vous de la politique de Donald Trump en Afrique, lui qui avait parlé de « pays de merde »…

Nous sommes déçus qu’il ne comprenne pas à quel point aider les pays africains à devenir émergents et stables est une obligation morale autant que stratégique. Il voudrait que l’aide américaine soit coupée, mais grâce au Congrès, les États-Unis restent les plus grands donateurs. Notre travail est de nous assurer que cet argent a le plus d’impact possible.

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