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Cet article est issu du dossier «Comment l'Afrique réinvente ses villes»

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Transports

Ouagadougou : renforcer la mobilité urbaine, un défi en passe d’être relevé

Avenue de la Nation, à Ouagadougou, Burkina Faso, en octobre 2012. © Nyaba Leon Ouedraogo pour JA

Véhicules propres, nouvelles lignes, voies réservées… Décidée à convertir ses habitants aux bus, la métropole burkinabè lance un plan de 200 millions d’euros financé par le suédois Scania.

Surnommée capitale des deux-roues, avec son parc de 2 millions de motos et mobylettes contre moins de 500 000 automobiles, Ouagadougou mise sur le renforcement de son réseau de bus pour assurer une meilleure desserte et fluidifier la circulation. Une révolution délicate dans une agglomération de 3 millions d’habitants dont la population a été multipliée par deux depuis 2005 et est appelée à encore doubler d’ici à 2030, et où moins de 1 % des habitants utilisent les transports en commun. En 2016, le gouvernement a inscrit le sujet de la mobilité urbaine à Ouaga parmi les trois programmes prioritaires du Plan national de développement économique et social (PNDES 2016-2020).

Et le défi est en passe d’être relevé. Début juin, le ministre des Transports, Vincent Dabilgou, a signé un protocole d’accord avec le suédois Scania, filiale de Volkswagen, et le groupe français RATP, les deux partenaires choisis par la communauté urbaine de Ouaga (qui reste maître d’ouvrage) pour le renforcement du réseau de bus exploité par la Société de transport en commun de Ouagadougou (Sotraco). Le plan, qui doit encore être approuvé en Conseil des ministres, est financé par un crédit-export de la Suède, pour un coût global de 200 millions d’euros sur deux ans (2019-2020).

RATP International, partenaire technique, fournira et exploitera les systèmes intelligents de transports

Sens unique

Pour renforcer la petite flotte d’une vingtaine de bus verts de la Sotraco, Scania va fournir à partir de l’an prochain 550 véhicules (460 bus et 90 autocars) dotés de moteurs permettant l’usage de biocarburants et travaillera au développement de ces derniers (en particulier la filière jatropha). L’entreprise assurera la construction du centre de maintenance, des arrêts de bus, ainsi que la formation des chauffeurs et des mécaniciens. RATP International, partenaire technique, fournira et exploitera les systèmes intelligents de transports. Les dix lignes actuelles s’articuleront autour de quatre nouvelles, bénéficiant de voies réservées.

En attendant, dans le centre-ville, la municipalité compte passer plusieurs rues en sens unique pour fluidifier le trafic et réduire le délai d’attente entre les bus à dix minutes au lieu de vingt. Elle a par ailleurs élaboré un schéma d’amélioration de la circulation d’un coût de 30 milliards de F CFA (plus de 45 millions d’euros) qui comprend, entre autres, le bitumage de 35 km de voiries ainsi que la révision de la signalisation et des feux pour donner la priorité aux bus.

Enfin, dans le cadre du Projet de développement durable de Ouagadougou (PDDO), la commune s’est attelée à la modernisation et à l’extension de la gare routière de Ouaga Inter : un chantier de 4 milliards de F CFA sur trois ans financé par l’AFD.


Deux tours de contrôle

La municipalité s’apprête à créer une autorité organisatrice des transports urbains ainsi qu’un conseil des transports du Grand Ouaga qui sera notamment chargé de délivrer des licences de taxi et de collecter de nouvelles ressources pour financer le développement du secteur.

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