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Cet article est issu du dossier «Comment l'Afrique réinvente ses villes»

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Société

Villes nouvelles : Douala fait des petits

Développement immobilier aux alentours du Stade Japoma en construction, dans l'est de Douala. © Patrick Nelle pour JA © Patrick Nelle pour JA

Poumon économique du Cameroun, la cité balnéaire s’étend vers l’intérieur du pays et vers Yaoundé, par l’aménagement de sa banlieue est.

Comme un clin d’œil à Roger Milla, un complexe omnisports comprenant un stade de 50 000 places est en cours de construction à Japoma, la petite localité qui a vu naître cette star du football. Il abritera les rencontres de la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN), en juin 2019. En son sein, le groupe turc Yenigün bâtira notamment deux terrains d’entraînement, un gymnase couvert de 2 000 places, une piscine olympique et quatre courts de tennis, pour un coût global de 200 milliards de F CFA (près de 305 millions d’euros).


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Ce programme est le nouveau bijou architectural de Douala et, surtout, de sa banlieue est où, conformément au plan du gouvernement, le futur de la capitale économique est en train de se construire. À tout le moins, l’État a décidé d’y implanter les nouvelles infrastructures indispensables à la Communauté urbaine de Douala : un hôpital gynéco-obstétrique (construit par la Chine) y est opérationnel depuis bientôt trois ans, quelque 1 000 logements sociaux doivent y être bâtis dans le cadre d’un programme gouvernemental qui en prévoit 10 000, le projet de la nouvelle prison (censée décongestionner celle, octogénaire, de New-Bell) y est en gestation…

Un dynamisme attractif

Dans la perspective de la CAN 2019, les autorités s’attellent par ailleurs à élargir la pénétrante est de la métropole, afin de fluidifier la circulation. Un marché de plus de 33 milliards de F CFA qu’elles ont confié dans l’urgence au consortium chinois conduit par Weihai International Economic & Technical Cooperative (WIETC).


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Située sur le chemin de la capitale, Japoma sera le point d’entrée de la première autoroute du pays, en cours de construction entre Douala et Yaoundé. Cette ville nouvelle qui prend corps s’adosse également à la zone industrielle de Douala-Bassa (Ziba), à Yassa, sur le bord de la route reliant Douala à Yaoundé, où sont implantées la centrale thermique de Dibamba et plusieurs usines agroalimentaires (savonneries, minoteries, brasseries…). Autant de signes de dynamisme qui ont attiré du monde dans ce quartier.

Les prix multipliés par sept en dix ans

Jadis périphérique, Yassa, à l’instar de la localité de Japoma, fait désormais partie intégrante de la communauté urbaine de Douala. C’est sur son territoire que se joue l’avenir de l’agglomération. Revers de la médaille : les prix des terrains et des loyers s’envolent.« Depuis des années, c’est la ruée vers ce quartier, à tel point que les terrains disponibles, même en dehors de la ville, comme sur la route menant à la cité industrielle d’Édéa, font l’objet de spéculations », confie un intermédiaire en transactions foncières.

En dix ans, le prix du mètre carré de terrain a été multiplié par sept, pour se situer actuellement entre 30 000 et 35 000 F CFA. Une tendance également observée du côté des loyers : celui d’un appartement de deux chambres oscillait entre 30 000 et 40 000 F CFA par mois en 2005. Il atteint aujourd’hui 80 000 F CFA minimum.

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