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Cet article est issu du dossier «Comment l'Afrique réinvente ses villes»

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Politique

Robert Beugré Mambé : à Abidjan, « notre priorité, c’est l’environnement »

Robert Beugré Mambé, gouverneur du district autonome d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. © Vincent Fournier/JA

Le gouverneur du district autonome d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, revient sur les enjeux du développement urbain, en particulier dans la capitale économique de la Côte d'Ivoire.

Ingénieur en travaux publics, Robert Beugré Mambé, 66 ans, connaît le développement urbain dans ses aspects à la fois humains, techniques et financiers. Chef de projet chargé des grands ouvrages de la ville d’Abidjan sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, il a été nommé gouverneur d’Abidjan en 2011 et est vice-président de l’Association internationale des maires francophones.

Jeune Afrique : Pourquoi la plupart des métropoles africaines continuent-elles d’accuser de si lourds déficits en infrastructures ?

Robert Beugré Mambé : La plupart ont été dépassées par l’urbanisation et n’ont pas su se doter à temps de politiques d’infrastructures sociales et sanitaires en adéquation avec les masses de population, lesquelles continuent d’augmenter. Cela nous appelle à imaginer une politique de financement adaptée aux contraintes de chaque pays et à réfléchir à la création d’un fonds spécial.


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Êtes-vous de ceux qui pensent que la démographie est un handicap majeur ?

Les bénéfices d’une forte croissance démographique s’appréhendent sur le long terme. Une jeunesse nombreuse peut être un vrai atout pour notre continent à partir du moment où elle est formée, en bonne santé et trouve des débouchés sur le marché de l’emploi. Dans certaines agglomérations, il est en effet devenu crucial de mieux articuler dynamique démographique et mise à niveau des infrastructures de base pour ne pas freiner la croissance, mais nous estimons qu’une bonne politique de planification et de gestion urbaine permettrait d’y créer un cadre de développement harmonieux et durable.

Que fait Abidjan pour la mobilité et quel sera son dossier phare à l’avenir ?

En complément des plans gouvernementaux, de grands projets sont à l’étude, dont le train urbain. Nous envisageons aussi de mettre en service des ferries à grande vitesse sur le plan d’eau lagunaire, des bus rapides et d’aménager des gares de fret aux entrées nord, sud-est et ouest.

Notre chantier prioritaire, c’est l’environnement : amélioration de la qualité de l’air, réduction de la consommation d’énergie, de l’émission de CO2… Il faudra donc encore diversifier l’offre de transports collectifs, étudier les possibilités d’utilisation des énergies propres et renforcer notre patrimoine vert, notamment à travers la création et la réhabilitation de parcs et la plantation de 4 000 arbres le long des principales artères.

D’où la mise en place d’un centre de gestion du trafic, avec à la clé un plan de mobilité urbaine durable pour limiter les émissions de gaz à effet de serre qui comprend la construction de 50 km de pistes cyclables et de voies piétonnes, et la mise en place d’une autorité organisatrice des transports. De quoi envisager l’avenir du Grand Abidjan avec plus de sérénité.

Quelles sont les urgences ? 

Nos collectivités locales doivent améliorer la qualité de l’environnement urbain sur le plan sanitaire et sécuritaire, ainsi que sur le plan de la lutte contre la pauvreté et de l’équité sociale, en renforçant l’accès au logement et à l’emploi. Sans oublier la mobilité, qui a un fort impact dans tous les domaines.

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