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Cet article est issu du dossier «Comment l'Afrique réinvente ses villes»

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Finance

Maroc : le FEC, un fonds en phase avec les territoires

Le FEC participe au Plan de développement du Grand Casa (PDGC). © Guillaume Mollé pour J.A.

Face à l’évolution des besoins des collectivités locales et de leur mode de gestion, le marocain FEC, spécialisé dans l’octroi de crédits aux communes, est en pleine mutation.

Le Fonds d’équipement communal (FEC) du Maroc fêtera ses 60 ans en 2019. L’occasion d’offrir un profond lifting à cet établissement public unique en son genre sur le continent. Disposant depuis 1996 du statut de banque, il a évolué pour accompagner les besoins de financement des collectivités dans le cadre de la décentralisation et, depuis 2015, de la régionalisation avancée.


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C’est pour que le FEC soit mieux paré pour relever les défis de ce modèle de développement régional que le roi Mohammed VI a nommé à sa tête un nouveau gouverneur, directeur général, Omar Lahlou, ex-directeur administratif et financier du groupe Caisse de dépôt et de gestion.

Des projets de plus en plus durs à financer

« C’est grâce au FEC que les collectivités territoriales ont pu généraliser l’éclairage public, créer des espaces verts, développer les transports en commun, etc. Mais, désormais, la banque ne peut plus être aussi efficace, et ses interventions deviennent difficiles à réaliser », reconnaît l’un de ses ex-cadres supérieurs à la retraite.

Projets de plus en plus nombreux et onéreux, nouvelles méthodes de gestion des conseils communaux et régionaux, dont la délégation de service public à des sociétés de développement local (dont le capital est détenu en partie par des acteurs privés et que la législation ne permet pas au FEC de financer), sont autant de freins à l’essor de l’établissement.

En 2017, les prêts accordés aux collectivités territoriales ne représentaient que 22 % de leurs investissements

D’ailleurs, en 2017, les prêts accordés par le FEC aux collectivités territoriales ne représentaient que 22 % du total des investissements de ces dernières. Une faible contribution qui montre que, bien qu’étant la seule banque à pouvoir prêter aux collectivités locales, le FEC profite peu de son monopole. C’est le constat fait en 2011 et en 2017 par les magistrats de la Cour des comptes, qui estiment qu’il « n’a pas pu développer une ingénierie financière capable de faire de l’emprunt un vecteur de développement local ».

Les grands chantiers d’Omar Lahlou

Après consultation de cabinets internationaux tels que PwC Advisory et WB Consulting, un nouveau plan de développement stratégique doit être adopté prochainement, entre autres pour renforcer l’arsenal juridique et l’adapter aux changements intervenus dans la gestion des collectivités locales. Ce sera le premier dossier d’Omar Lahlou.

Ingénieur diplômé de Supélec Paris (promotion 1995), Lahlou a créé dès 1997 sa propre agence d’information financière, la première à mettre en place un système de notation des entreprises marocaines. En 1999, il a cofondé la banque d’affaires Atlas Capital et, en 2008, il a rejoint CDG, qui lui a confié la direction de la Loterie nationale, puis celle du pôle financier du groupe, dont il a démissionné en juin 2017.


5,5 milliards de dirhams

(500 millions d’euros). C’est le montant des prêts accordés par le FEC en 2017. Il a ainsi contribué à financer 67 projets de développement local, représentant un investissement global de 16 milliards de dirhams de la part des collectivités territoriales marocaines.

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