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Cet article est issu du dossier «Comment l'Afrique réinvente ses villes»

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Culture

Urbanisme : Dakar revoit la vie en rouge

La façade en terre de l'hôtel Djoloff, à Fann-Hock. © DR / Djoloff

Indissociable de l’identité de la capitale sénégalaise, la production de briques et de tuiles en terre cuite ou crue avait pourtant été abandonnée dans les années 1970. Aujourd’hui, des élus et des entrepreneurs passionnés reprennent le flambeau.

Près de Dakar, l’unique unité industrielle locale de fabrication de matériaux de construction en terre cuite, la Sofamac, s’apprête à redémarrer sa production. L’usine vient d’être rachetée par Amsa Realty, entreprise spécialisée dans l’immobilier d’Amsa Assurances Sénégal, une filiale du groupe CFOA, de l’Ivoirien François Bakou. Avec ses partenaires italiens, Amsa Realty, dirigée par Déthié Aw, a investi environ 6 millions d’euros dans cette unité, d’où sortiront briques, carreaux et tuiles en terre cuite.

Une première depuis les années 1970 : le pays avait alors arrêté la production de ces matériaux. Pourtant, réputés pour leur solidité (ininflammables), pour la qualité de leur isolation phonique et, surtout, thermique, ainsi pour que leurs performances environnementales (entièrement recyclables et nécessitant peu d’énergie pour leur fabrication), ils ont d’édifices publics comme pour celle de villas et font naturellement partie du décor des vieilles villes de Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis.


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Vue du ciel, la capitale sénégalaise reste d’ailleurs mouchetée du rouge des briques et des toits de tuiles en terre cuite qu’arborent encore fièrement nombre de ses bâtiments administratifs (gouvernance, préfecture, état-major des armées, CHU, etc.) et de ses résidences, notamment dans la médina, où il tranche avec le blanc des constructions en béton.

Depuis quelques années, conscients du fait que ce patrimoine architectural fait partie de l’identité de Dakar, quelques professionnels, élus et mécènes se battent pour sa préservation et sa restauration. La direction du patrimoine historique classé a répertorié et placé sous sa protection un certain nombre d’édifices. Pour Dak’Art 2012, l’architecte Annie Jouga, adjointe au maire de Gorée, a organisé une visite des constructions emblématiques du genre à Rufisque. Et, lors de l’édition 2018 de cette biennale d’art contemporain, le Collège universitaire d’architecture de Dakar a accueilli l’exposition « Architecture en terre d’aujourd’hui ».

Célèbres architectes

Le mouvement se poursuit sous l’égide, notamment, de Gérard Sénac, PDG d’Eiffage Sénégal, féru d’art et d’architecture. Grâce à un partenariat entre le groupe et l’Association des maires du Sénégal (AMS), la pittoresque Maison des élus locaux, située au cœur du quartier des affaires, sur la place de l’Indépendance, vient d’être restaurée. Et c’est désormais au tour de l’historique gare ferroviaire, un temps à l’abandon, de reprendre des couleurs : sa restauration est presque achevée, avant la mise en service, en janvier prochain, du train express régional (TER) qui reliera Dakar à la ville nouvelle de Diamniadio.


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De son côté, l’ingénieur Doudou Dème a créé Elementerre, une entreprise qui, depuis 2010, fabrique des briques en terre crue (mélange de latérite, de sable, d’eau et de seulement 8 % de ciment), qu’elle produit près de Saly. Ses briques sont utilisées pour les projets de célèbres architectes dakarois (Lamtôro, Guilloux & Associés…) et l’ont été, entre autres, pour l’extension de l’hôtel Djoloff, à Fann-Hock, sur la corniche ouest.

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