Politique

Rwanda : la lettre de Victoire Ingabire Umuhoza à Paul Kagame

Victoire Ingabire, opposante rwandaise (à gauche), écoute son avocat britannique AIain Edwards, lors de son procès à Kigali, au Rwanda, le 5 septembre 2011. © Shant Fabricatorian/AP/SIPA

L'opposante rwandaise, qui a bénéficié d'une libération anticipée le 15 septembre dernier, a affirmé à sa sortie n'avoir pas formulé de demande de grâce. Cependant, dans un courrier signé de sa main, dont JA a eu copie, Victoire Ingabire Umuhoza a écrit à Paul Kagame pour « demander pardon ».

Libérée le 15 septembre, l’opposante Victoire Ingabire Umuhoza, qui, en décembre 2013, avait été condamnée à quinze ans de prison pour « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre » et « minimisation du génocide [de 1994] », a assuré à la BBC n’avoir formulé aucune « demande de grâce ».

Or, le 25 juin, la présidente du FDU-Inkingi a bien adressé une lettre manuscrite à Paul Kagame, en kinyarwanda, et dont JA a obtenu copie, ayant pour objet Gusaba imbabazi  (« Demander pardon »).

« Je vous écrit pour vous demander pardon »

« Par la présente, je vous écris pour vous demander pardon et solliciter ma sortie de prison », précise-t-elle. « Lors de ma période passée en prison, qui équivaut au temps écoulé depuis que je suis revenue dans mon pays, j’ai eu le temps d’en voir les progrès […]. Chacun devrait vouloir unir ses forces avec le reste de la communauté pour construire la société rwandaise », poursuit-elle.

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Dans l’éventualité où sa demande serait jugée « digne » de retenir l’attention du président, elle s’engageait à « travailler avec tous les Rwandais pour développer [leur] pays de manière paisible ». « Puisse la lumière de Dieu continuer à vous guider. »


>>> À LIRE – Rwanda : l’opposante Victoire Ingabire Umuhoza bénéficie d’une libération anticipée


Johnston Busingye, le ministre de la Justice, a répondu favorablement à sa demande, dans un courrier qu’il lui a adressé le 14 septembre au nom du chef de l’État et dont JA s’est également procuré une copie.

« À la suite de votre lettre du 25 juin 2018 adressée au président de la République et sollicitant la grâce présidentielle […], j’ai l’honneur de vous informer que le président de la République a accepté de vous accorder sa grâce portant sur la partie résiduelle de la peine d’emprisonnement », écrit-il.

L’opposante est tenue de communiquer son lieu de résidence au parquet dans les quinze jours suivant la publication de la décision et de se présenter au bureau du procureur une fois par mois. Elle ne peut quitter le territoire sans l’autorisation du ministre de la Justice. Si elle venait à enfreindre l’une de ces règles, elle pourrait être renvoyée en prison pour purger la fin de sa peine. Contactée par JA, Victoire Ingabire Umuhoza n’a pas souhaité s’exprimer.

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