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Cet article est issu du dossier «Afrique centrale : l'heure de la relance ?»

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Politique économique

Afrique centrale : libre circulation… conditionnelle

Drapeaux des pays membres de la Cemac au siège de l'organisation, à Bangui., en 2016 © Vincent Fournier/Jeune Afrique/JA

Bien qu’entérinée, la libre circulation des ressortissants de la Cemac reste freinée par différents facteurs, dont le transport.

Cela n’a pas été sans peine. Après le Cameroun et le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon, le Congo et la Centrafrique ont entériné fin 2017 la suppression des visas pour les ressortissants de la Cemac circulant au sein de cet espace. Pour la libre installation de ceux-ci, en revanche, il faudra attendre.

Bien qu’entérinée, la libre circulation des personnes reste freinée par différents facteurs, dont le transport. Les connexions routières sont insuffisantes, les liaisons fluviales, souvent inopérantes, et relier deux capitales de la Cemac par les airs demeure compliqué. Les billets d’avion coûtent cher et les tentatives de création d’une compagnie sous-régionale se sont soldées par un échec. La mutualisation des flottes nationales pourrait être une solution.

DOM


>>> À LIRE – Suppression des visas dans la Cemac : qu’est-ce qui va changer ?


Une libre circulation théorique

La libre circulation des biens est toujours aussi théorique, à cause de problèmes de transport mais aussi de la lenteur des autorités à mettre en place les comités nationaux d’agrément des produits industriels originaires d’Afrique centrale, chargés d’attester qu’un bien industriel est entièrement fabriqué au sein de la Cemac. Condition nécessaire « pour être exporté, sans frais de douane, dans la zone », précise Alain Bayéni, directeur général du Commerce extérieur du Congo, dont le comité devrait naître d’ici à la fin de l’année.

Pour nos industriels, l’agrément permet de faire des économies d’échelle

« Pour nos industriels, l’agrément permet de faire des économies d’échelle », indique Michel Niama, commissaire chargé du marché commun de la Cemac. De quoi stimuler un commerce intrarégional encore trop faible et dominé par le Cameroun, seul pays à avoir son comité depuis 2010. Pourtant, l’installation rapide des cinq autres organes nationaux s’impose, dans le cadre sous-régional mais aussi dans la perspective de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec). Pour saisir les opportunités sur ce futur marché de 1,2 milliard de consommateurs, chaque pays doit identifier les produits phares qui doperont ses échanges et contribueront à diversifier son économie. Le plus difficile commence.

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