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Cet article est issu du dossier «Afrique centrale : l'heure de la relance ?»

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Économie

[Édito] Afrique centrale : pas de fatalité

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Olivier Caslin est spécialiste des transports et des questions économiques multilatérales. Il suit également l'actualité du Burundi, de Djibouti et de Maurice.

Siège de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC), à Bangui (République Centrafricaine - RCA) © Vincent Fournier pour JA

La recette de la reprise est connue depuis longtemps. Reste à la faire appliquer dans les pays de la Cemac.

Un seul sujet semble devoir s’inviter au sommet des chefs d’État de la Cemac, attendu en novembre à Malabo : comment éviter les crises cycliques qui frappent les économies des six pays membres et dont la dernière en date continue d’accabler les populations ? Le mal est profond, puisque, malgré un contexte rendu moins étouffant à la suite de la remontée des cours pétroliers ces derniers mois, la sous-région n’a toujours pas vraiment retrouvé son souffle.

Les taux de croissance sont bien réorientés à la hausse, mais les niveaux d’endettement records, incompréhensibles au vu de l’état de sous-équipement chronique de la plupart des pays, risquent de plomber les comptes publics pour un certain temps. Voire la réputation comptable de certaines capitales auprès des investisseurs et autres bailleurs, notamment étrangers. Les pays de la Cemac ont pourtant bien besoin de leur soutien financier pour réamorcer la pompe, à l’heure où le miracle chinois risque de se transformer en mirage pour les mauvais payeurs.


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Retardataire ?

Ceux qui se sont d’ailleurs rendus au forum de coopération Chine-Afrique début septembre, avec l’espoir de renégocier leurs dettes pour éviter d’avoir à passer sous les fourches caudines du FMI, en ont été pour leur frais. Pour eux comme pour les autres, point de salut aujourd’hui sans les institutions financières internationales et la politique de rigueur économique qu’elles prônent dans la région. Le Fonds a changé de terminologie, les plans d’ajustement « structurel », de triste mémoire, sont devenus « budgétaires », mais la potion s’annonce tout aussi amère pour les pays signataires s’ils veulent voir les dérapages de ces dernières années, à nouveau contrôlés.

Non, l’Afrique centrale n’a pas vocation à rester le retardataire du continent !

Il ne s’agit pas, en cette période de rentrée, de distribuer les points entre les élèves sérieux et ceux qui le sont moins. Mais bien de constater que parmi les nations du golfe de Guinée, certaines s’en sortent mieux que les autres, prouvant au passage qu’il n’y a pas de vérité définitive : non, l’Afrique centrale n’a pas vocation à rester le retardataire du continent ! Ce n’est pas un hasard si les deux premiers pays à signer, en 2017, avec le FMI ont été le Cameroun et le Gabon.

Le premier est le champion sous-régional de la diversification, la part des hydrocarbures dans son PIB ne dépassant pas les 4 %. Le second dispose d’un atout maître avec le soutien d’un partenaire privé aussi significatif que le singapourien Olam, qui lui permet de s’équiper d’infrastructures modernes sans avoir à dépenser un sou, tout en diversifiant lui aussi son économie.


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Car, et c’est certainement la leçon à retenir de cette crise, les pays de la Cemac n’ont pas d’autre choix que de sortir leur économie du tout-pétrole. Et, si possible, en suivant une vision partagée qui tienne compte des particularités de chacun des membres de la Communauté. Diversification, intégration, bonne gouvernance… La recette est connue depuis longtemps. Reste à la faire appliquer dans l’ensemble de la zone. C’est tout l’enjeu des discussions du prochain sommet de Malabo.

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