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Sénégal : face à la concurrence, Lyvv Cosmetics trace la route

La gamme Lyvv est fabriquée à San Francisco (États-Unis) © Riley Watson

En 2015, la Sénégalaise Victorine Sarr lançait sa marque de cosmétiques pour femmes noires, s’aventurant sur un terrain déjà largement cultivé.

« Les cosmétiques commercialisés par des Africains sur le continent sont encore très rares. Dans ce secteur, l’Afrique consomme énormément mais ne crée pas encore assez. » Voilà pourquoi l’entrepreneuse sénégalaise Victorine Sarr a choisi de lancer Lyvv Cosmetics dans son pays natal, alors même que les lignes de maquillage pour femmes noires sont de plus en plus nombreuses.

Sa marque propose, pour sa part, des rouges, des encres et des brillants à lèvres, des eye-liners et des fards à paupières. En matière de couleurs, elle offre des teintes variées, de plutôt neutres à très pigmentées, du rose pâle à l’aubergine en passant par le lilas ou le fuchsia.

En Afrique subsaharienne, seule l’Afrique du Sud répond aux normes de fabrication internationales permettant d’exporter. Aussi, la gamme Lyvv est confectionnée pour l’heure à San Francisco à partir d’ingrédients naturels originaires du continent : huile de carotte, de jojoba et de tomate. C’est également dans cette ville de l’ouest des États-Unis que se trouve l’usine qui fabrique les emballages. « Nos produits naturels sont hypoallergéniques, sans paraben, éthiques et testés par un ophtalmologue », détaille Victorine Sarr.

Un projet de longue date

Établie à Accra, au Ghana, cette dernière multiplie les séjours à Dakar, où ses bureaux sont abrités par le siège de la banque Cofina, incubateur qui a largement contribué à la naissance de sa ligne de maquillage et qui est désormais l’un de ses partenaires. Diplômée en gestion d’entreprise et marketing de luxe de l’ISG, école de commerce parisienne, Victorine Sarr a travaillé dès 2009 en tant que conseillère de vente chez Apple France avant de retrouver le Sénégal en 2013 comme responsable des ventes et du marketing du groupe L’Oréal.

Au fil de ces années, le projet Lyvv Cosmetics a germé dans son esprit, et la jeune femme a postulé au Young African Leaders Initiative (Yali), le programme lancé par Barack Obama. Cela lui a permis d’obtenir la bourse Mandela Washington Fellowship. « Je me suis retrouvée aux États-Unis, au sein de l’université du Wisconsin-Stout », raconte-t-elle. Elle apprend les rudiments du métier, rencontre de potentiels investisseurs et fait même part de son projet au couple Obama, à la Maison-Blanche.

Notre cible est la femme noire vivant en Afrique. L’âge moyen de nos clientes se situe entre 20 et 35 ans

À la fin de 2015, elle lance son entreprise avec un budget de 60 000 dollars (environ 55 000 euros). Elle met 50 000 dollars de ses propres fonds dans l’affaire, auxquels s’ajoutent les 10 000 d’un investisseur dont elle ne peut dévoiler le nom. La machine est lancée… « Notre cible est la femme noire vivant en Afrique. L’âge moyen de nos clientes se situe entre 20 et 35 ans. »

Aujourd’hui, les produits Lyvv sont disponibles au Sénégal, en Afrique du Sud, au Ghana, en Côte d’Ivoire, aux États-Unis et au Canada. Ils sont également vendus en ligne via la plateforme sénégalaise AwaleBiz.

80 % de croissance

En 2017, Lyvv Cosmetics affichait un chiffre d’affaires annuel de 155 000 dollars. « Nous enregistrons déjà 80 % de croissance par rapport à l’an dernier », soutient l’entrepreneuse. D’ici à la fin de 2018, la société compte élargir sa gamme pour être plus visible sur un marché en pleine expansion.

Où la concurrence peut venir du Cameroun avec le maquillage Bold Make Up, du Sénégal avec les produits capillaires Afro & Nature ou encore du Maghreb avec Nectarome, soins du corps marocains, parmi les quelques marques de cosmétiques nées sur le continent.

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