Politique

Angola : comment Lourenço a pris (tout) le pouvoir

Le président Lourenço, le 5 mars 2018, à Luanda © Alexander Shcherbak/Tass/ABACA

En neutralisant les anciens caciques du régime dos Santos, le président a réussi, en l’espace d’un an, à asseoir son autorité et son style. Mais peut-il vraiment incarner le changement ?

Les membres du service du protocole de la présidence angolaise se souviendront longtemps de la visite en France de João Lourenço, fin mai 2018. Face à la polémique suscitée par les dépenses engagées (location d’un avion à grands frais et délégation pléthorique), le président a vivement tancé ses équipes.

« L’État doit être exemplaire, nous n’avons plus d’argent à jeter par les fenêtres », a-t-il insisté devant des employés qui avaient cru bien faire. Le budget, se sont-ils défendus, ne dépassait pas celui habituellement alloué aux déplacements de José Eduardo dos Santos (dit Zedu). Mais c’est bien ce que le chef de l’État voulait éviter : être comparé à ce prédécesseur qui avait fini par incarner la gabegie et le népotisme.

Contrairement à dos Santos, qui était un manipulateur et jouait avec les uns ou les autres, Lourenço a plutôt une tendance à l’arbitraire

Investi le 26 septembre 2017, il ne lui aura fallu qu’un an pour prendre tous les leviers du pouvoir et imprimer sa marque à la tête de l’État. Sous son air bonhomme, un peu nonchalant, couve un personnage autoritaire, parfois « radical », estiment ceux qui l’ont côtoyé.

« C’est un militaire et, contrairement à dos Santos, qui était un manipulateur et jouait avec les uns ou les autres, Lourenço a plutôt une tendance à l’arbitraire », raconte un « camarade », qui loue par ailleurs sa « forte capacité de travail ». Mais alors que l’ex-président avait fini par paraître distant et coupé de la réalité, João Lourenço, 64 ans, joue de son image d’homme proche du peuple.

En septembre 2017, il pose même avec son épouse et leurs enfants sur les marches de l’escalier de leur domicile. Un cliché à l’américaine, qui prouve que Lourenço a vite compris qu’il ne lui faudrait pas négliger sa communication. Un domaine sur lequel sa femme, Ana Dias, a la haute main, elle qui l’accompagne dans tous ses déplacements et veille jalousement sur son image.

Le nouveau locataire de la Cidade Alta, le palais rose et blanc qui surplombe la rade de Luanda, n’a jamais eu l’intention d’être ce que tout le monde avait craint, y compris dans son entourage : un avatar manipulé par dos Santos et son clan.

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