Politique

Angola : clap de fin pour José Eduardo dos Santos et consorts

L’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, décembre 2007 à Lisbonne © Paulo Duarte/AP/SIPA

José Eduardo dos Santos serait bien resté jusqu’en 2022, avant de transmettre les rênes à son fils. Mais il a dû revoir ses plans et se tailler un statut d’ancien président sur mesure – statut inexistant jusque-là, Zedu étant le seul ancien président angolais encore en vie.

Le 28 juin 2017, le Parlement a donc voté une loi qui accorde aux anciens chefs de l’État « jusqu’à leur décès » des gardes du corps, un chauffeur et une pension équivalant à 90 % de leur salaire (officiellement 1 million de kwanzas, soit 5 300 euros par mois). Surtout, cette loi stipule que les ex-présidents ne peuvent être poursuivis que pour des actes étrangers à l’exercice de leurs fonctions.

Lourenço n’a pas touché à ce statut, mais a limogé Isabel dos Santos de la tête de la Sonangol. En mars, le parquet de Luanda a annoncé l’ouverture d’une enquête sur sa gestion de la compagnie publique. Au centre de cette investigation : un virement suspect de 38 millions de dollars (32,7 millions d’euros) vers une entreprise dubaïote.


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Convoquée, la fille de l’ex-président ne s’est jamais présentée. Et elle a beau utiliser frénétiquement les réseaux sociaux pour dénoncer les décisions du nouveau chef de l’État et se mettre en scène, casque de chantier vissé sur le crâne, elle accumule les déconvenues.

En juin, le contrat pour la construction d’un port en eau profonde à Barra do Dande (Nord-Ouest), qui avait été accordée sans appel d’offres à sa société Atlantic Ventures peu de temps avant l’élection de Lourenço et qui était assortie d’une garantie de l’État de 1,5 milliard de dollars, a été annulé.

Reclus dans sa villa

Son frère, José Filomeno (Zenu), a lui aussi maille à partir avec la justice : le procureur général a ouvert une enquête à l’encontre de celui qui gérait le fonds souverain angolais (doté de 5 milliards de dollars) pour détournement de fonds, abus de confiance et fraudes. Il n’a pas le droit de quitter le pays et doit se présenter toutes les deux semaines devant le procureur.

Quant à Zedu, il vit aujourd’hui reclus dans sa villa de la rue Houari-Boumédiène, dans le nord de la capitale. Et ne s’est presque pas exprimé depuis l’élection de Lourenço. Il s’adonne à son sport favori, le basket, et reçoit peu.

« Lorsqu’il a ramené la paix, en 2002, il aurait dû prendre la décision de quitter le pouvoir après un mandat, conclut l’ancien Premier ministre Marcolino Moco. Il serait parti avec les honneurs. »

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