Livres

Alain Mabanckou : « Il n’existe pas de voie interdite en littérature »

Alain Mabanckou à Paris le 21 aout 2018 © BRUNO LEVY pour ja

Le médiatique écrivain entend donner à son œuvre une dimension d’engagement. Dans son dernier roman, Les cigognes sont immortelles, il revient sur l’assassinat de Marien Ngouabi, en 1977.

Dans Les cigognes sont immortelles, l’écrivain franco-congolais de 52 ans se penche sur les soubresauts du Congo socialiste des années 1970. Une façon, sans doute, de rappeler que l’histoire mais aussi l’actualité de son pays natal continuent de l’animer. Dans ce roman militant, l’on retrouve Michel, déjà narrateur et héros de Demain, j’aurai vingt ans, aux côtés de Maman Pauline et Papa Roger, bien connus des lecteurs du lauréat du prix Renaudot 2006.

Membres d’une petite famille de Pointe-Noire sans histoire, ces personnages vont se retrouver au cœur de la tourmente à la suite de la liquidation du président de la République populaire du Congo, Marien Ngouabi, le 18 mars 1977. Un récit qui emprunte tant à la grande histoire, celle des assassinats politiques qui ont accompagné les indépendances, qu’à la petite, celle d’Alain Mabanckou, parfumée d’épices tragicomiques dont lui seul a le secret.

Jeune Afrique : Une nouvelle fois, nous nous retrouvons à Pointe-Noire, en plein troubles politiques, à écouter la voix d’un adolescent…

Alain Mabanckou : La voix de l’adolescence est celle de la pureté. Celle d’un être qui n’imagine pas que l’assassinat du président de la République, à Brazzaville, pourrait concerner une petite famille pauvre de Pointe-Noire. Et pourtant, un drame national a des conséquences dans chaque foyer. La voix de l’adolescent permet de dire et d’exprimer les sentiments que l’âge adulte annihile. Pour la faire entendre, il me suffisait de me souvenir de ma propre situation, en 1977, quand Marien Ngouabi a été assassiné. J’avais 11 ans.

Quels éléments relèvent de l’autobiographie dans ce récit ?

Mon ami Dany Laferrière parle de cuisine quand il évoque le roman. Dans un plat, il est difficile de dissocier les ingrédients. Tout est fondu pour donner quelque chose de global. Comme dans le roman, où les éléments de fiction et ceux qui relèvent de la réalité s’emmêlent. Les pistes autobiographiques sont là et mes lecteurs le savent. Dans mes derniers ouvrages, les personnages sont réels. Mon père, ma mère, et mon oncle René sont déjà morts mais d’autres sont encore vivants, et le récit politique est authentique.

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