Vie des partis

Tunisie – Souad Abderrahim : « Je suis de l’école de Bourguiba »

Dans son bureau de l’hôtel de ville. © ons abid pour ja

Son parcours, ses combats, son programme… Interview-vérité de Souad Abderrahim, la nouvelle maire de Tunis, élue sous la bannière des islamistes d’Ennahdha.

Son tailleur sombre renvoie une image un peu austère, mais le sourire est franc et chaleureux. Le bureau, impeccablement rangé. Pas de papiers qui traînent, un ordinateur. Des tableaux de maîtres tunisiens aux murs. Et une vue panoramique, de la Kasbah jusqu’à la baie de Tunis, en contrebas. Élue le 3 juillet sous la bannière d’Ennahdha, Souad Abderrahim est la première femme à devenir maire de Tunis. Son regard s’embue quand elle dit toute sa fierté d’être là. La ville lui tient manifestement à cœur, tant sa voix tremble quand elle évoque, enthousiaste, les chantiers à venir. Les idées-forces s’enchaînent : inclusion, genre, citoyenneté, écologie, développement durable, reconquête de Tunis par ses habitants. Membre du bureau politique d’Ennahdha, elle n’en prend pas moins ses distances avec l’esprit partisan. Également présidente de la Fédération nationale des villes tunisiennes (FNVT), la première magistrate de la capitale veut convaincre qu’elle n’est pas là par hasard. Rencontre avec une femme d’influence.

Jeune Afrique : Votre élection est l’un des faits marquants de l’été. Comme le projet de loi annoncé par le président sur l’égalité successorale. Quelle est votre position sur le sujet ?

Souad Abderrahim : J’approuve l’initiative présidentielle et je me range du côté de la loi et de la Constitution. La formulation choisie préserve la liberté de choix et reste conforme à l’identité tunisienne. Elle permet, dans le même temps, d’éviter la discorde avec une frange de la population qui refuse l’option égalitaire. Au fond, il s’agit tout de même de choix personnels. Dans le mariage, on peut opter pour la communauté ou la séparation des biens. Pourquoi en irait-il autrement pour l’héritage ? Faut-il rappeler que des dispositions légales, comme la donation, permettaient déjà de contourner l’usage en matière d’héritage ? En tant que légataire ou héritier, je dois pouvoir choisir. À mon sens, le législateur devra préciser un point : si une personne est libre de ses biens de son vivant, ses héritiers doivent être autorisés à trancher entre eux, faute de dispositions précises.

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