Politique

Niger : dix choses à savoir sur Mohamed Bazoum, le ministre de l’Intérieur

Mohamed Bazoum (Niger), ministre des Affaires étrangères. A Paris le 05 février 2014. Photo de Vincent Fournier © Vincent FOURNIER/Jeune afrique

Le ministre nigérien de l’Intérieur se rêve en successeur du président Mahamadou Issoufou. Et ne manque ni d’atouts ni d’opposants.

1. Méthodique

Cinq fois député de Tesker (au nord-est de Zinder), ministre des Affaires étrangères puis de l’Intérieur, il a construit sa carrière avec méthode. Et se prépare pour la présidentielle de 2021. Seule ombre au tableau : sa base électorale, jugée faible en raison de son appartenance communautaire.

2. Arabe

Il est issu de la tribu arabe des Ouled Slimane, qui vit principalement dans le sud de la Libye ainsi que dans le nord du Tchad et le nord-est du Niger, pays où elle est ultraminoritaire. Proche de la France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette tribu tente de jouer de ses bonnes relations avec Paris, mais se heurte aux ambitions des Touaregs et, surtout, des Toubous.

3. Zindérois

Né en 1960 à Bilabrine, non loin de Diffa et de la frontière avec le Tchad, Bazoum a passé son enfance à 200 km de là, à Tesker, et obtenu son baccalauréat à Zinder, au lycée Amadou-Kouran-Daga.

4. Réseaux

Ses postes ministériels lui ont permis d’avoir la haute main sur l’administration et de se constituer un solide réseau à l’étranger, dont Issoufou bénéficie.


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5. Socialiste

En décembre 1990, il a été l’un des fondateurs du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir). Aujourd’hui, il préside cette formation affiliée à l’Internationale socialiste – un atout certain en matière de relations publiques.

6. On et off

Sur Twitter, il compte 15 000 abonnés, et sa page Facebook est suivie par 86 000 personnes. Il dispose donc d’une véritable force de frappe sur les réseaux sociaux, très rare dans le milieu politique nigérien. Il s’exprime beaucoup dans les médias, mais aussi en off, sur les conseils d’Abderahmane Mohamed Ben Hamaye, chargé de ses relations avec la presse.

7. Philosophe

Diplômé en philosophie de l’université Cheikh-Anta-Diop, à Dakar, où il a côtoyé Salif Diallo, l’ancien président de l’Assemblée nationale burkinabè, il a enseigné dans des lycées de Tahoua et de Maradi (Niger) de 1984 à 1991. Dans le cadre de sa maîtrise, il avait choisi l’option « Politique et morale ».


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8. Syndicaliste

Cet excellent orateur a fait ses premières armes en politique au sein du Syndicat national des enseignants du Niger, puis de l’Union des syndicats des travailleurs du Niger (USTN), dont il devint le coordonnateur régional à Maradi et qu’il représenta à la Conférence nationale de 1991.

9. Rumeur tenace

Bazoum à la primature à la place de Brigi Rafini ? Cette rumeur tenace fait sourire dans le camp du Premier ministre. Si Bazoum a un temps convoité ce poste, il ne le considère plus comme un tremplin indispensable pour accéder à la présidence.

10. Redouté

Parmi les collaborateurs d’Issoufou, il est l’un des plus craints. La société civile fustige ses « dérives autoritaires ». Bazoum, lui, voit en elle un repaire d’opposants déguisés en défenseurs des droits de l’homme.

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