Culture

Liberia : vers la renaissance de l’hôtel Ducor

Plusieurs groupes hôteliers souhaitent reprendre l'hôtel Ducor, au Liberia. Ici, la salle à manger en ruines. © Betty Press/PANOS-REA

Il fut le plus beau palace de Monrovia, l’un des derniers bastions des soldats de Samuel Doe, puis un abri pour des dizaines de familles. Aujourd’hui, plusieurs groupes lorgnent le joyau en ruines.

Lorsqu’elle pénètre dans l’hôtel Ducor, Victoria Tolbert entend encore l’argenterie qui tinte, le ronronnement des climatiseurs… Même le brouhaha des clients dans le vaste hall semble lui parvenir. Elle qui a passé une enfance dorée à Monrovia n’a rien oublié des cris des bambins avec lesquels elle aimait jouer dans la grande piscine surplombant l’océan.

Les souvenirs sont intacts, mais il ne reste qu’eux à l’hôtel Ducor. Voilà trente ans que la fierté de Monrovia n’accueille plus aucun client. Il ne subsiste qu’un gardien, qui, moyennant un dollar glissé dans le creux de la main, laisse entrer le visiteur sans trop se faire prier. Pour visiter l’hôtel, il n’y a plus de porte à pousser. À l’intérieur, pas une seule fenêtre à ouvrir, pas un lit, pas une table, pas une chaise. La moisissure s’est emparée de la piscine, et la végétation a conquis le béton. Seuls ses huit étages continuent de surplomber la capitale libérienne. Vestiges d’un ancien monde, dignes d’un décor de cinéma.

Le Ducor était l’un des plus beaux hôtels du continent, sans doute le plus grandiose d’Afrique de l’Ouest

Il faut emprunter le grand escalier en colimaçon, éviter les trous béants dans les marches et gravir un à un les étages. Explorer là ce qui était la cage d’ascenseur dorée, glisser ici un œil dans ce qui était autrefois une chambre, remarquer les restes d’une luxueuse céramique, traquer les vestiges de la splendeur passée. Il faut monter jusqu’à la terrasse dont le garde-corps s’est depuis longtemps effondré, lutter contre le vertige et, depuis le plus haut point de la ville, admirer Monrovia. De là-haut, on peut voir Mansion House, qui abrite la présidence, le Sénat, l’ambassade américaine et le grand temple maçonnique. Ça ne trompe pas : les lieux de pouvoir sont à deux pas.

GEORGE OSODI/AP/SIPA

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