Politique

Élections présidentielles : les stratèges américains à l’œuvre au Cameroun, en RDC, au Gabon et en Guinée

Dans le bureau d’une commission électorale, à Bukavu (RD Congo), en 2006. © euan denholm/REUTERS

En vue des élections présidentielles, les chefs d’État sortants ou les opposants africains n’hésitent plus à s’offrir les services de cabinets d’influence américains.

Au Cameroun, à quelques mois du scrutin d’octobre, Philémon Yang, le Premier ministre, a renouvelé le 1er juillet, pour un an, le contrat du gouvernement avec le cabinet d’avocats Squire Patton Boggs, pour 400 000 dollars. Ce même contrat avait déjà été reconduit en 2004 et en 2011.

Robert S. Kapla, associé de ce cabinet, a démarché des membres du Congrès des États-Unis et suivi les initiatives du Département d’État en matière de lutte contre Boko Haram, menant une activité de veille et de conseil pour le compte des autorités camerounaises. Dans la course au palais d’Etoudi, l’opposant Akere Muna est conseillé sur les questions internationales par Joe Trippi (Vanguard).

De Tshisekedi à Condé en passant par Ping

En RD Congo, Félix Tshisekedi, qui espère succéder à Joseph Kabila en décembre, a fait appel, fin juillet, au cabinet Pamoja USA afin de convaincre l’administration Trump du bien-fondé de sa candidature (JA no 3005-3006).

En vue de cette même présidentielle, Moïse Katumbi a signé depuis 2013 cinq contrats de lobbying, dont deux avec le cabinet Akin Gump Strauss Hauer & Feld LLP, pour au moins 2,7 millions de dollars. L’un de ces cinq contrats était au nom de son entreprise, Mining Company of Katanga (initialement en vue de la création d’un consulat des États-Unis à Lubumbashi et pour obtenir une aide alimentaire au Katanga), et un autre au nom de la plateforme politique G7.

Toujours à Kinshasa, Corneille Nangaa a recours, pour le compte de la Ceni, qu’il préside, à Avenue Strategies Global LLC (76 000 dollars, du 6 juin au 6 octobre), tandis que le gouvernement multiplie les contrats depuis 2001 (Alpha Strategies LLC, BGR Government Affairs LLC…). Coût total : environ 7 millions de dollars.

Au Gabon, Jean Ping avait travaillé avec CD Global Strategies Group (15 000 dollars) lors de la présidentielle de 2016. Maixent Accrombessi, à l’époque directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, avait, lui, engagé Bryan Cave LLP pour renforcer les relations diplomatiques du pays avec les États-Unis (1,38 million de dollars).

En Guinée, Alpha Condé a recours au cabinet d’avocats new-yorkais DLA Piper, qui compte parmi ses clients le milliardaire George Soros.

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