Politique

Maroc : Mustapha Aziz, les otages et les espions

En décembre 2004, sur le parvis de la mairie de Paris, les portraits ds journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot. © Reuters

Lorsque Mustapha Aziz obtient, en 2004, la preuve de vie de Georges Malbrunot et Christian Chesnot, enlevés en Irak, il imagine aussitôt un plan utilisant ses contacts en Côte d’Ivoire.

« Gbagbo voulait rendre service à la France, confie un ex-conseiller de l’Élysée. Il se sentait mis en quarantaine par Chirac. » Aziz mobilise ses contacts du côté des gaullistes : le sénateur Didier Julia, le chercheur Philippe Evano, ancien proche de Jacques Foccart, et Jean-Pierre Camoin, sénateur-maire d’Arles. Ce dernier fait partie du Cercle d’amitié et de renouveau franco-ivoirien (Carfi), aux côtés de Marcel Gossio, alors directeur du port d’Abidjan.

« Opération Julia »

Aziz est en outre en contact avec le directeur du renseignement et le chef de la section arabe à la DGSE, André Le Mer et Richard Lhomme. Le Marocain persuade Gbagbo de faire affréter un avion pour ramener en France les deux otages. Une façon de revenir dans les bonnes grâces de Chirac. Le consulat de Côte d’Ivoire en Jordanie finance la quasi-totalité de l’opération. Mais l’équipe Julia échoue.

Elle est rapatriée de Syrie via le Liban, après des menaces d’enlèvement à l’encontre de Didier Julia. Christian Chesnot et Georges Malbrunot seront finalement libérés le 21 décembre 2004, après cent cingt-quatre jours de détention. Sollicité par JA, Malbrunot nous a répondu, comme beaucoup, « ne pas savoir grand-chose » sur Mustapha Aziz : « C’est du passé déjà très ancien. »

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