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Cet article est issu du dossier «Gafam : l’Afrique face au cybercolonialisme des géants du Web»

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Technologie

Gafam : l’espace à portée de main

© Laurent Parienty pour JA

© © Laurent Parienty pour JA

Fini le temps des câbles sous-­marins et de la fibre optique, jugés trop chers (entre 30 000 et 60 000 dollars, soit entre 26 000 et 52 000 euros, le kilomètre) et qui profitent surtout aux régions côtières. Voici venue l’ère des satellites : moins coûteux, ces derniers permettent de connecter plus aisément les zones reculées à internet et de toucher un public beaucoup plus large.

Les milliardaires américains du Web ont donc les yeux rivés sur l’espace. Si les ambitions spatiales d’Apple ne sont encore que des rumeurs, celles de Mark Zuckerberg ne sont plus un mystère. Facebook s’est vite remis de l’échec du satellite Amos-6, en 2016. Fin juin de cette année, après deux ans d’essai, il a certes abandonné Aquila, un système qui reposait sur un ensemble de drones géants émettant un signal WiFi, mais les années de recherche ne sont pas perdues. Surtout, son autre projet, le satellite Athena, verra le jour en 2019 et ira se placer en orbite au-dessus de l’Afrique, d’où il fournira une connexion de 10 gigabits par seconde à la totalité du continent.

Relier la planète entière à internet dès 2019

Google, de son côté, a annoncé le lancement de Loon (au Kenya, dès 2019) : des centaines de milliers de ballons, pilotés par intelligence artificielle et circulant à 30 km au-­dessus du continent, émettront un signal WiFi.

Jeff Bezos, fondateur et PDG d’Amazon, ne lésine pas lui non plus sur les moyens. Sa société Blue Origin – dont l’objectif est d’envoyer des touristes dans l’espace – a fait décoller la fusée New Shepard fin avril.

Son principal concurrent, Elon Musk, fondateur de SpaceX, a pour sa part monté le projet Starlink, une constellation de 12 000 satellites chargés de relier la planète entière à internet dès 2019. Première entreprise privée à avoir envoyé un vaisseau sur la station spatiale internationale, SpaceX a déjà accompli l’exploit – inédit dans l’histoire – de faire atterrir une fusée puis de la réutiliser. L’aventure d’Elon Musk a de surcroît contribué à faire baisser les prix : désormais, une entreprise peut investir dans le lancement d’un satellite pour quelques millions de dollars.


>> A LIRE – Satellites : l’Afrique se tourne vers les étoiles


Déserts numériques

Mais la compétition ne se limite pas aux Américains. En Europe, les géants des télécommunications OneWeb et Eutelsat tournent, eux aussi, leur regard vers les étoiles. Le premier prévoit de connecter le monde à internet en mettant en orbite 900 nanosatellites, dont les dix premiers modèles seront envoyés dans l’espace d’ici à la fin de cette année.

Quant à Eutelsat, il a lancé mi-2017, via sa filiale Broadband in Africa, le service Konnect Africa. Dirigé par Jean-Claude Tshipama (originaire de RD Congo), il fournira de l’internet haut débit dans les déserts numériques africains. Tournant pour le moment le dos à la technologie de la constellation de nanosatellites, l’entreprise compte sur Konnect, son satellite géostationnaire, pour couvrir la totalité du continent d’ici à deux ans.

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