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Cet article est issu du dossier «Sénégal-Côte d’Ivoire : le lion dans les pas de l’éléphant»

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Économie

[Analyse] Sénégal – Côte d’Ivoire : duel entre bons élèves

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Mehdi Ba est rédacteur en chef du site internet de J.A. Anciennement correspondant à Dakar, il continue de couvrir l'actualité sénégalaise et ouest-africaine (Mauritanie, Gambie, Guinée-Bissau, Mali), et plus ponctuellement le Rwanda et le Burundi.

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L. S. Senghor et Dawda Jawara, 02/04/1980,Dakar,Sénégal. © Le président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor et Dawda Jawara, président de la République de Gambie, assistent aux cérémonies du vingtiéme anniversaire de l'Indépendance du Sénégal, Boulevard du Général de Gaulle, Dakar, 8 Avril 1980.

Au vu du comparatif dressé par JA, on peut craindre que, tel le lièvre de la fable de La Fontaine, Dakar ait mal négocié l’effet d’aubaine que des circonstances malheureuses lui avaient un temps conféré.

C’est une joute qui passionne de longue date commentateurs en tout genre et opérateurs économiques, mais pas vraiment les intéressés. Rares sont en effet les Sénégalais qui se lèvent le matin en se demandant qui, de Dakar ou d’Abidjan, occupe la première place en Afrique de l’Ouest. C’est aussi une compétition virtuelle, comme si deux équipes de football disputaient un match tout en évoluant sur deux terrains différents.

À Dakar comme à Abidjan, si l’on rivalise sans vraiment se voir, c’est peut-être en raison d’un sentiment analogue de part et d’autre : la certitude d’être le « phare » de l’Afrique de l’Ouest.

Capitale culturelle VS locomotive économique ?

De Dakar à Saint-Louis, le pays de Senghor n’a nul besoin d’établir de classement complexe pour aligner les atouts censés lui valoir le rang de premier de la classe : son statut à part pendant la colonisation, quand les citoyens des « quatre communes » avaient la qualité de citoyens français ; ses grands hommes qui auront marqué l’histoire jusqu’en France métropolitaine (de Blaise Diagne à Léopold Sédar Senghor) ; la multitude de ses ressortissants nommés à des postes prestigieux dans diverses organisations internationales ; son rayonnement diplomatique ; le statut de Dakar, à la fois cité balnéaire, capitale culturelle, haut lieu du tourisme d’affaires…

Sa réputation aussi de démocratie supposée exemplaire et de pays pacifié : absence de coup d’État ou de guerre, élections consensuelles, sans l’ombre de tensions intercommunautaires…

Au pays de Félix Houphouët-Boigny, locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest, on n’a pas moins de raisons de s’enorgueillir du statut de grand d’Afrique et d’une vitrine prisée : « Babi », à la fois festive et affairiste.

Lorsque la Côte d’Ivoire, pour la première fois depuis son indépendance, a sombré dans une profonde crise politico-militaire, en 1999, le Sénégal, à son corps défendant, en a mécaniquement tiré profit. Les sièges régionaux de grandes entreprises et d’institutions et ONG internationales ont migré vers Dakar, de même que nombre d’hommes d’affaires, de commerçants, d’étudiants, d’expatriés…

>>> À lire – Les victimes oubliées de la Côte d’Ivoire

Persuadée d’être bénie des dieux, la capitale sénégalaise a-t-elle suffisamment préparé la fin de cette parenthèse, et prêté attention au retour en force de sa rivale, bien décidée à rattraper le temps perdu ?

Au vu du comparatif dressé par JA, on peut craindre que, tel le lièvre de la fable de La Fontaine, Dakar ait mal négocié l’effet d’aubaine que des circonstances malheureuses lui avaient un temps conféré.

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