Politique

Algérie – Affaire Kamel Chikhi : la chute du système Abdelghani Hamel, ancien chef de la police

Abdelghani Hamel, en 2011 à Alger (archives). © Sidali/New Press/SIPA

Dans sa chute, Abdelghani Hamel, ancien patron de la police nationale, emporte plusieurs officiers supérieurs de la police, révoqués, écartés ou admis à la retraite. La « déhamélisation » est en cours.

La plus grosse prise dans cette affaire est sans conteste Abdelghani Hamel. Le 21 juin, le général-major est à New York pour le 2e Sommet des chefs de police des pays membres de l’Assemblée générale de l’ONU. Une semaine plus tard, il n’est plus rien. Le 25 juin au soir, à la veille de son éviction, l’homme tentait encore de sauver sa tête auprès de Saïd Bouteflika, influent conseiller à la présidence. En vain. Le frère cadet du chef de l’État ne bougera pas le petit doigt pour lui épargner la disgrâce.

Patron de la police nationale depuis 2010, Hamel était devenu au fil des années un personnage puissant, avec 200 000 hommes à sa solde et des moyens quasi illimités. Sa chute signe la fin de ses ambitions politiques. Dans son sillage il emporte plusieurs officiers supérieurs de la police, révoqués, écartés ou admis à la retraite, dont le chef de la police de l’aéroport international d’Alger et son homologue du port de la capitale.

Accointance avec Kamel Chikhi

La « déhamélisation » est en cours. Car tous obéissaient au doigt et à l’œil au chef. Et étaient des pièces maîtresses, selon des confidences distillées sous le sceau de l’anonymat, du système de flicage et de surveillance d’hommes politiques, de journalistes ou de membres de la société civile mis en place par Hamel.


>>> A LIRE –  Algérie : drogue, blanchiment et corruption de magistrats… L’empire de Kamel Chikhi vacille


L’homme parti, les langues se délient. Durant les années fastes, Hamel et sa famille auraient amassé une fortune colossale. Le fils faisait affaire à Oran, où, dit-on, il régnait en maître. Ses accointances avec El Bouchi sont scrutées par les enquêteurs. Idem pour le chauffeur personnel de Hamel, aujourd’hui en prison dans le cadre de cette affaire.

L’homme escortait souvent Kamel Chikhi à l’aéroport d’Alger. El Bouchi l’a confirmé devant le juge : « Il me faisait passer par le salon d’honneur de l’aéroport. Il m’évitait seulement quelquefois les longues files d’attente lors de mes déplacements à l’étranger. »

Des enquêtes sur les avoirs et les biens de la famille de l’ex-DG de la police auraient été engagées par la gendarmerie nationale. En échange, Hamel a laissé entendre que ses services avaient également lancé des investigations sur des officiers de la gendarmerie.

À ce petit jeu Abdelghani Hamel sort perdant. Car il est de notoriété publique que l’actuel directeur de la police nationale, le général Ghali Belksir, ne le porte pas en estime. Depuis la saisie de la cocaïne à Oran, la hache de guerre est déterrée entre ces deux hommes.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte