Agroalimentaire

Agriculture : Pékin restructure le groupe Syngenta

Ning Gaoning, membre du 13ème comité national des politiques de consultation chinoises, en Chine le 8 mars 2018. © Wang Peng/XINHUA-REA

L’acquisition par ChemChina de Syngenta pour 44 milliards de dollars, finalisée en juin 2017, est la plus importante opération chinoise jamais réalisée à l’étranger. Objectif de cette emplette coordonnée par Pékin : faire entrer la Chine dans la cour des grands en matière de semences agricoles et de pesticides, un secteur crucial où elle était quasi absente.

Conscient de l’endettement massif supporté du fait de Syngenta par ChemChina, Pékin pousse à un rapprochement du nouveau géant avec Sinochem, autre acteur majeur de la chimie, présent notamment dans les engrais. Signe de cette autre mégafusion à venir, le 17 juillet, Gaoning Ning, le président de Sinochem depuis 2015, a été également nommé président de Syngenta.


>>> A LIRE – La carte d’Afrique des OGM


« Une fusion inéluctable »

À Bâle, les cadres pilotant Syngenta en Afrique affichent leur sérénité face au rachat chinois, qui, assurent-ils, n’affectera en rien leur stratégie. « Une fusion était inéluctable, compte tenu de la course à la taille en cours dans notre secteur pour favoriser les synergies dans la recherche et le développement, relativise le Britannique Peter Veal, directeur commercial et marketing de Syngenta pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Nous sommes mieux lotis avec ChemChina, un holding financier peu présent dans les pesticides et absent des semences plutôt qu’avec Bayer ou Monsanto, qui étaient aussi sur les rangs, beaucoup plus semblables à nous. Un rapprochement avec ces derniers aurait occasionné une réorganisation profonde et un écrémage des équipes. Par ailleurs, il n’est pas prévu de changement dans le management de Syngenta à la suite du changement d’actionnaire. »

Des arguments qui ne prennent toutefois pas en compte la participation de ChinaChem dans Adama, une compagnie israélienne de taille moyenne présente dans les produits phytosanitaires, notamment en Afrique. Pierre Cohadon, le directeur Afrique et Moyen‑Orient, estime quant à lui que l’opération, « motivée par la volonté politique de Pékin de doper sa production agricole, pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, va ouvrir le marché chinois à son groupe ».

Fermer

Je me connecte