Politique

Algérie : dix choses à savoir sur Djamel Ould Abbès, secrétaire général du FLN

Djamel Ould Abbès à Alger, le 2 avril 2012. © Farouk Batiche/AFP

À l’offensive pour créer un large consensus autour d’un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, le secrétaire général du FLN veut donner à son parti un rôle incontournable dans la campagne présidentielle.

• Adoubé

Originaire de Tlemcen, c’est un ami de longue date d’Abdelaziz Bouteflika, dont il a organisé le tout premier meeting, en 1963, à Aïn Temouchent, dans l’Ouest. Très proche de la famille, il avait été adoubé par la mère de l’actuel président.

• Maquisard ?

Il soutient avoir été le compagnon d’armes de Larbi Ben M’hidi, prestigieux héros de la révolution. Mais de nombreux anciens maquisards lui contestent jusqu’au titre de moudjahid. Des polémiques qui l’agacent au plus haut point.

• Médecin

Djamel Ould Abbès est médecin. Durant ses années étudiantes à Leipzig, en RDA, entre 1957 et 1964, il noue des liens avec le parti communiste local. Son diplôme en poche, il exerce plusieurs années à Aïn Temouchent.

• Provisoire

Désigné, à la surprise générale, pour succéder à Amar Saadani en 2016, Djamel Ould Abbès devait n’être, au départ, que provisoirement secrétaire général du FLN. À ceux qui le lui rappellent, il répond : « Je partirai quand le président me l’ordonnera. »

• Cap’tain Modrić

En deux ans, Djamel Ould Abbès a multiplié les traits d’humour – pas toujours compréhensibles. Quand un journaliste lui demande en juin s’il a récemment rencontré le président Bouteflika, le patron du FLN répond : « Là, vous entrez dans les six mètres. Il faut demander à Luka Modrić [capitaine de l’équipe de Croatie, finaliste de la Coupe du monde 2018], il va vous répondre. »


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• La purge facile

Hâbleur en public, le secrétaire général n’a pas la main qui tremble quand il s’agit de sanctionner. En prévision de la présidentielle, il a remercié quinze membres du bureau politique (sur dix-neuf) supposés proches de son prédécesseur. Désormais, il s’attaque à la base.

• L’ami des stars

Ould Abbès aime raconter qu’il a été l’ami de Yasser Arafat, ou qu’il a étudié avec la chancelière allemande, Angela Merkel, à Leipzig. Impossible à vérifier, cela va sans dire.

• Un bon carnet d’adresses

Ses fonctions politiques passées lui ont permis de se constituer un large réseau à l’étranger. Ministre de la Solidarité de 1999 à 2007, il s’intéresse à l’Afrique. Entre 2008 et 2010, chargé de la communauté nationale à l’étranger, il densifie ses liens avec la gauche française.

• Transition…

Après la démission, en 1992, du président Chadli Bendjedid, Djamel Ould Abbès a siégé au Conseil national de transition, et ce contre l’avis de son parti. Cette dissidence lui coûtera presque sa place : le FLN prononce son exclusion, mais elle n’est jamais appliquée.

• …Pas de transition

Le secrétaire général du FLN a torpillé l’initiative de l’islamiste Abderrazak Makri, qui plaidait pour une « transition politique » de cinq ans placée sous l’égide de l’armée empêchant Bouteflika de se représenter. Ould Abbès est un fervent défenseur du cinquième mandat, et son parti a prévu de dresser le bilan des réalisations du président depuis sa première élection, en 1999.

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