Politique

Gabon : anciens opposants au pouvoir, du déjà-vu ?

Pierre-Claver Maganga Moussavou, président fondateur du Parti social-­démocrate du Gabon, à Paris le 27 juillet 2016. © Vincent Fournier/JA

Avant David Mbadinga, Michel Menga et Moukagni Iwangou, d’autres opposants avaient déjà été nommés à des postes prestigieux durant ce septennat. Avec des résultats contrastés.

René Ndemezo’o Obiang, passé du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) à l’opposition en 2015, a accepté la présidence, discrète, du Conseil économique et social en août 2017. À la même date, un adversaire d’Ali Bongo Ondimba à la présidentielle de 2016, Pierre-Claver Maganga Moussavou, patron du Parti social-démocrate, est devenu vice-président du Gabon. Il subit aujourd’hui les foudres de l’opposition, qui lui reproche son « opportunisme ».

Ex-vice-présidente de l’Union nationale (UN, opposition), Estelle Ondo trace sa route en faisant moins de vagues. Le 23 juillet, elle a été promue ministre de l’Industrie et de l’Entreprenariat national après être passée par l’Économie forestière, les Transports et l’Égalité des chances. Candidate indépendante aux législatives à Oyem, elle pourrait être soutenue par le PDG. Un parcours sans histoires, à l’inverse de celui d’autres transfuges, comme Bruno Ben Moubamba.

L’opposition prédit l’« humiliation »

En 2016, sitôt réélu, Ali Bongo Ondimba avait en effet noué une alliance avec cet ex-candidat à la présidentielle, tout de suite bombardé vice-Premier ministre chargé de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement. Mais l’ancien opposant peinait à trouver ses marques. Les médias ont fait leurs choux gras de ses conflits avec les directeurs généraux d’établissements publics dont il assurait la tutelle. Dans le même temps, il a multiplié les bravades à l’encontre du Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, non sans mettre le gouvernement dans l’embarras par sa communication peu en phase avec celle de l’ensemble de l’équipe.

Le 21 août 2017, il a d’abord été maintenu au gouvernement lors d’un premier réaménagement mais rétrogradé au rang de ministre d’État. Pour autant, Moubamba n’est pas rentré dans le rang. Issoze ne le supportant plus, il a été licencié le 7 septembre suivant : « Le gouvernement n’est pas un forum où chaque individu fait valoir ses intérêts personnels », a justifié le Premier ministre. Cet épilogue en forme d’« humiliation » est le sort que l’opposition prédit aux camarades s’étant associés à l’exécutif.

 

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