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Société

Maroc : les jeunes à l’épreuve de l’émigration

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Mis à jour le 03 août 2018 à 14h36

Par  Jules Crétois

Certains jeunes décident de quitter le Maroc pour des raisons économiques mais aussi pour s'émanciper.

Certains jeunes décident de quitter le Maroc pour des raisons économiques mais aussi pour s'émanciper. © Flickr/CC/bourget_82

Motivations économiques, politiques, désir d’émancipation… Les jeunes Marocains restent prompts à émigrer.

Si les jeunes Marocains restent prompts à émigrer, ils sont, depuis 2011, un peu moins nombreux qu’auparavant à quitter le royaume pour les pays de l’OCDE – cette année-là, le nombre de départs est passé sous la barre des 100 000.

« Depuis la crise de 2008, les pays du Nord paraissent moins attrayants », reconnaît Mohamed Khachani, secrétaire général de l’Association marocaine d’études et de recherches sur les migrations (Amerm). D’où cette inflexion.

Les motivations économiques restent toujours parmi les premières invoquées par les candidats au départ. Ainsi, « quand un chantier structurant et créateur d’emplois s’ouvre dans une région du royaume, on observe une baisse des départs », relève Mohamed Khachani.

Mais un autre motif est apparu au sein d’une frange de la jeunesse : la volonté de s’émanciper.

Dom pour JA

© Dom pour JA

Il y a un sentiment d’impuissance, l’impression que le pays n’appartient pas à ses citoyens

Émancipation

« Il y a un sentiment d’impuissance, l’impression que le pays n’appartient pas à ses citoyens et qu’on ne pourra pas y concrétiser ses envies. Beaucoup de nos adhérents ont quitté le Maroc ou ont prolongé leurs études à l’étranger pour cette raison », confirme Mohamed Amine Faiz, vice-président de l’association Tariq Ibnou Ziyad Initiative (Tizi), dont l’ambition est, dit-il, de « réenchanter le monde politique pour les jeunes ».


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L’anthropologue Zoubir Chattou partage ce constat : « La société se libéralise, s’individualise, mais le pays ne propose pas à sa jeunesse de s’accomplir pleinement tout en assumant ses particularités. »

Des entreprises qui laissent peu de place à l’initiative, un champ politique verrouillé, une offre culturelle réduite… Autant de sources de frustration pour une jeunesse connectée au monde. Selon Zoubir Chattou, en plus d’une offre d’emploi qui corresponde à leur niveau d’études, les jeunes de la classe moyenne – dont les contours restent flous – réclament une société civile active et libre, des lieux de débats et d’expression artistique. « Quand tu as l’impression de n’être que de passage chez toi, alors, en effet, tu peux avoir envie de partir à la première occasion », résume Mohamed Amine Faiz.

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