Politique

Algérie : diaspora et polémiques

Avec le président français, le 29 mai. © julien mattia/NurPhoto/AFP

Ahmed Ouyahia est loin d’être l’homme politique le plus populaire auprès des communautés algériennes à l’étranger. À commencer par les binationaux.

Et pour cause : directeur de cabinet de la présidence jusqu’en août 2017, il fut le principal promoteur de la réforme constitutionnelle qui réserve l’accès à certaines fonctions d’État aux détenteurs de la nationalité algérienne exclusive. À l’époque, il assurait vouloir « garantir à l’Algérie que ceux qui voudraient la servir ou la représenter à de très hauts niveaux de responsabilité n’aient de loyauté qu’envers elle ». Ouyahia Premier ministre, revirement – presque – complet. L’homme semble avoir à cœur de se rabibocher avec la diaspora. Il lui tend la main à de nombreuses reprises. À la fin de juin, pour l’appeler à participer au développement de l’Algérie. En décembre 2017 déjà, quand, en visite à Paris, il avait loué les « gisements de compétences et de capitaux » que recèle cette communauté. Et, deux mois auparavant, lorsqu’il l’avait invitée à se constituer en « lobby économique et politique de l’Algérie en France ».


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Le 31 mai, devant des exportateurs réunis à l’hôtel El-Aurassi, Ahmed Ouyahia va plus loin. Trop loin ? Il leur conseille de « regarder vers des communautés d’anciens d’Algérie, qui peuvent ouvrir des portes », désignant explicitement les pieds-noirs. Tollé immédiat. L’Organisation des moudjahidine dénonce « une erreur de jugement » qui porte « atteinte à la dignité du peuple algérien et à l’histoire de la révolution ». Le Premier ministre est contraint de revenir sur ses propos : « Puisque la société n’est pas prête à comprendre ce que je voulais dire, mieux vaut s’abstenir. Si c’était à refaire, je ne le dirais pas. » « Je ne serais pas étonné que ce soit un appel du pied à la France », décrypte un senior du Quai d’Orsay, qui affirme que le président Emmanuel Macron aurait demandé à Ahmed Ouyahia de faire un pas de plus vers la réconciliation des mémoires lors de leur tête-à-tête à l’Élysée, le 29 mai.

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